Je ne pensais pas réécrire sur ce blog. Je pensais naïvement en avoir finis avec ma purge, mais une fin de semaine de gastro-entérite m’a fait réaliser le contraire. Faut croire que je n’ai pas encore trouvé une façon d’être mieux dans ma peau depuis des lustres…
Les derniers mois ont été particulièrement pénible. J’ai eu de la difficulté à m’adapter à ce qui pouvais perturber ma vie : le voyage et le grand saut – et non sot – de mon fils pour le CEGEP et l’appartement (voir à ce sujet, un super texte « le carré de sable »), le goût de m’affirmer et de me réaliser en ouvrant un nouveau bureau, les péripéties de ma sœur bi-polaire, mon sentiment d’être loin de mes amis mais de ne pas avoir le temps ou l’envie de les appeler, l’impression grandissante que certaines rencontres thérapeutiques m’emmerdent (encore des problèmes intestinaux) alors que d’autres me galvanisent, ma propre psychothérapie qui me brasse en jouant dans mes vieilles cicatrices d’antan – pour ne pas dire d’enfant – et en me faisant tourner de l’œil (ma façon de parler de la thérapie EMDR), etc. Ce qui a provoqué de multiples symptômes anxio-dépressifs : crises de larmes et de colère, une grande fatigue fatigante, un complexe de l’imposteur grandissant, de l’impatience et de l’irritabilité qui ont mis en jeux les relations avec mes proches, une augmentation de mes vieilles peurs (de déplaire, d’avoir l’air ridicule, de faire des erreurs, d’être bon à rien, etc.) et une perte de confiance en mes perspectives futurs. J’en étais rendue à tout vouloir abandonné sur le plan professionnel. Fermer boutique et me convertir en homme de ménage et artiste à plein temps – ça me fait encore rêver un peu à y penser, mais ça se fera à temps partiel ou comme plan B, si le plan A ne marche pas.
Heureusement, je suis bien entouré et je suis demeuré ouvert à ses autres qui m’endurent – et ont le privilège de me connaître – toutes les semaines (je ne peux pas dire tous les jours pour tous – il y en a des plus chanceux que d’autres !). Et j’ai eu un flash, une révélation… plusieurs en réalité.
Ça fait seize ans que je travaille le soir et que cela ne me convient pas. Après le souper, je ne suis plus performant, je commence déjà à bailler vers 15hr00. Et c’est encore pire si en plus, je dois faire de la route après pour retourner chez moi. En fait, disons que pour garder les yeux ouvert, on doit m’allumer ! Faut que ce qui se passe soit vraiment intéressant et agréable à vivre. Seul certains clients – et je ne nommerai personne – peuvent me motiver, et même là, une limite de deux par soir s’impose. J’ai bien plus envie de faire autre chose de mes soirées : passer du temps avec ma femme, faire des activités artistiques, suivre mes séries télés préférées, écrire des romans, etc.
Pire que ça, le fait de travailler le soir a tendance à bousiller toute ma journée. Je n’arrive à rien faire de mes matins. Je passe mon temps à m’inquiéter et à anticiper les problèmes : je ne serai pas prêt pour telle et telle rencontre, je vais être épuisé si je ne dors pas, je n’ai pas assez de temps pour faire ce que j’aime et pour répondre à mes obligations. Je passe mon temps à me torturer, avec l’impression à la fois d’être paresseux et submergé par des « il faut » de tout acabit. Parfois, je réussis à faire une sieste légèrement culpabilisante, parfois je me tourne dans mon lit mais j’y reste comme si j’étais en train de bouder la vie, et je procrastine. Parfois, il m’arrive d’avoir de beaux matins où je fais du ménage, retourne des appels, paye mes factures et écrit comme je suis en train de le faire – en espérant ne pas avoir à en payer le prix plus tard.
Et c’est seulement aujourd’hui que j’ai pensé à une solution si simple : je ne travaille plus le soir ! Wow ! Quelle idée farfelu ! Je n’avais jamais osé y penser. Comme si un psy devait absolument se plier à cette contrainte. Comme si JE devais me plier à cette contrainte. J’ai finis par penser qu’il n’en tenait qu’à moi de m’offrir une opportunité : JE vais me libérer de cette contrainte. Voilà ! Je me sens beaucoup mieux. Cela m’ouvre à de nouvelles perspectives. Au lieu de laisser tout tomber, tout ce que j’ai bâtis comme clientèle et comme réputation à Longueuil, je vais fermer seulement mes soirées.
Voilà ma nouvelle proposition d’affaire pour le bureau de Longueuil :
- Je suis au bureau, de 8hr00 à 16hr00 environ
- 4 ou 5 jours semaines (avec un samedi sur deux)
- Pas plus de 5 clients par jour
- Quand je n’ai pas de client, je suis là pour des projets personnels à mes frais ou pour des projets spéciaux – qui m’allument – au frais du bureau
- Je règle tout ce qui a rapport à ma pratique à Longueuil pendant mes heures de bureau
- J’ai besoin d’un ordinateur (un PC de préférence) dans mon bureau
Je pense que ça serait super. C’est le matin que je suis le plus en forme : je suis de bonne humeur, je rigole, je suis vif d’esprit, j’ai de la patience, bref, je suis plus efficace. En plus, je vivrais un équilibre travail-famille très harmonieux. Je pourrais conduire ma femme tous les matins et la reprendre en PM – l’économie d’essence s’ajoute au plaisir – et avoir mes soirées de liberté ! La seule perte que je peux voir, ce sont les 8 heures de thérapies que je faisais entre 15hr30 et 20hr30 deux jour semaine. Perte compensée par les 10 heures que j’ajoute à ma disponibilité (deux jours avec 5 rencontres possibles).
Et je ne fermerai pas mon bureau de Marieville, c’est ce bureau qui est ma place d’affaire principale, qui justifie mon titre de travailleur autonome selon de nouvelle règles d’impôt fédérale. Je pourrais y recevoir quelques clients par semaines, quand j’ai des congés ou le soir, lorsque je me sens bien. Un ou deux, après avoir passé quelques temps en famille. Ça ne me crée aucun malaise d’aller à mon bureau à cinq minutes de chez moi, de temps en temps, même le soir.
Wow ! Quel projet ! Je me sens déjà mieux. Il faut vite faire une transition dans ce sens là ! Au plus tard en septembre. Et si ça ne me fait pas du bien : en janvier je me transformerai en moine Bouddhiste en Alaska !
2 commentaires:
Ton bonheur vaut plus que toutes les roses.
Bécots,
Une des très chanceuses...
hi hi hi! Le pire c'est qu'elle le dit elle-même...faut croire qu'il doit y avoir du vrai...mais sérieusement...tu as tout à fait raison...la vie est une suite de découvertes et non de compromis outranciers...Vous êtes tous deux chanceux de vous avoir l'un l'autre...cela vaut bien de prendre le temps de ne pas s'oublier, de ne pas laisser la morosité s'installer. Quand on arrive au bout, ce n'est pas: "qu'est-ce que j'ai accompli" qui compte mais bien "comment je l'ai fait"..."comment j'ai vécu ce que j'avais à vivre"..."comment je l'ai partagé avec ceux que j'aime" avec la gaité de l'oiseau ou la misère du ver de terre...Le bonheur, c'est parfois de savoir qu'on a le choix et qu'on peut l'exercer...toi, tu peux, alors vas-y et lorsque je te verrai la prochaine fois, je saurai que j'ai devant moi un homme heureux de lui-même.
Bisoux, Mimi
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