8.7.08

Prince de la carence

Il était une fois,

Un prince malheureux, orphelin depuis plusieurs années déjà. Imaginez-vous, un grand gaillard plutôt enrobé, d’âge plutôt mature, qui pleure et qui pleure, jour et nuit, convaincu que personne ne peut l’aimer.

Il traînait, ce qu’il appelait lui même sa grosse carcasse inutile dans les corridors du château, fracassant de ses poings les quelques miroirs qui auraient résisté à ses précédents passages. Car le prince malheureux avait une phobie des miroirs. Avec raison d’ailleurs, car chaque fois qu’il en regardait un, il n’y voyait que « ce qui n’était pas ».

La dernière fois, il avait vu sa mère, la Reine de Glace, à ses côtés. Elle le serrait dans ses bras, un sourire charmant, plein de tendresse, et lui, la regardait intensément, les yeux brillant, savourant chaque seconde, se gavant de cet amour impossible…

Prince malheureux pleurait au moins une fois par jour, ça faisait partie de sa routine, comme de répondre aux courriers officiel, de donner ses consignes à ses subalternes, de marcher dans le jardin ou de passer un peu de temps avec Marina, sa promise.

Marina était, malgré les apparences, ce qui était arrivée de mieux dans la vie du prince malheureux. Avec elle, il riait plus souvent qu’il ne pleurait, il pouvait tout lui dire et elle passait des heures à patiemment l’écouter se lamenté sur les complexités du royaume qu’il devait gérer. Sensible, elle l’accueillait les bras ouvert quand il voulait un câlin ou quand il voulait soulager sa peine. Marina était princesse du royaume voisin, et ensemble ils étaient prédestinés à régner sur le grand royaume unifié.

Mais, tant que prince malheureux demeurait malheureux, le grand précepteur Surmoinesque le remplaçait à la tête du royaume et empêchait le prince d’accomplir sa destiné. Le grand Surmoinesque mettait beaucoup de pression sur le prince pour qu’il se comporte comme le devrait un prince. Selon lui, il n’était jamais assez ceci ou trop de cela. Et le prince se faisait donc critiquer jour et nuit. Et il continuait à pleurer, jour et nuit. Se demandant pourquoi, personne ne l’aimait.

Jusqu’au jour où il croisa la fée Cendrine, la scintillante.

La première fois, c’était lors d’une cérémonie officielle où il devait remplir des tonnes de papiers. Elle était apparue un instant, lui avait souris gentiment et s’était éloigné dans un battement d’aile gracieux. C’est presque une année plus tard qu’il l’avait revue, à la grande fête inter-monde, où toutes espèces ou races confondues, les Grands des dix milles royaumes se réunissaient pour jouer, rire et rêver ensemble…

Peu à peu, au fil de ses rencontres hebdomadaires, Cendrine était devenue familière, un élément de plus dans sa routine. Comme Marina, elle réussissait parfois à le faire rire, mais jamais elle ne lui donnait cette tendresse que seule Marina savait donner. Cendrine avait bien d’autres prétendants à s’occuper et n’offrait au prince qu’une certaine complicité amicale dans les jeux de la fête inter-monde. Malgré cela, si le prince avait été plus conscient de ce qu’il vivait, il aurait pu réaliser le potentiel que Marina et Cendrine lui offrait sans se consulter. Une sorte d’équilibre entre les moments de tendresse et d’amour d’une, et les moments de rigolade et d’amitié de l’autre. Mais le prince malheureux était plutôt aveuglé par son mal d’être et condamné à le rester s’il ne réussissait pas à s’affranchir de son grand Surmoinesque.

Puis un jour, quelque chose d’extraordinaire bouleversa toute la vie du prince malheureux. C’était l’un de ses soirs où, à la fête inter-monde, les royaumes enchantés montaient une petite saynète en l’honneur du prince. Celui-ci était très heureux d’y être car Cendrine allait se donner en spectacle pour la première fois. Mais jamais il n’aurait pu imaginer l’impact que cela allait avoir sur lui.

Cendrine était descendue du ciel, dans un battement d’ailes gracieux. Ces cheveux flottaient au vent dans un mouvement de vague hypnotisant. Prince malheureux était cloué sur sa chaise, plus heureux que jamais. Cendrine faisait une de ses danses du ventre envoûtantes où toutes ses formes, à peine voilée par sa petite robe féerique, semblaient lui lancer des appels de détresse. Prince se leva d’un bond comme attiré par cette force d’attraction soudaine. Il voulu faire un pas vers Cendrine qui semblait danser uniquement pour lui. Qui le regardait de ses grands yeux bruns orangés, un sourire parfait, dans une position de déesse, à qui on voudrait offrir tout ce qu’on possède comme offrande. Puis, il s’arrêta net avant d’être pris de convulsion et de s’enflammer. Littéralement, le prince malheureux se transforma en torche humaine qui couru s’éteindre en se jetant dans le lac sacré des peines éternelles.

Prince malheureux mis plusieurs jours à s’en remettre. Heureusement, Marina était là pour panser ses blessures et le rassurer que tout allait bien, qu’il souffrait d’un vieux mal, typique des orphelins, et légendaire dans la famille de la Reine de Glace. Un autre héritage familial maléfique comme sa peur des miroirs…

Prince malheureux, tout habitué de souffrir qu’il était, ne voulut pas écouter Marina qui lui suggérait de laisser d’abord guérir ses blessures, ni d’écouter le grand Surmoinesque qui recommandait d’annuler toutes les fêtes inter-monde, et il retourna voir, encore et encore, Cendrine danser pour lui. Il avait beau être prudent, l’observer à distances, son cœur battait la chamade et il s’enflammait, soir après soir, fête après fête…

Et prince malheureux était de plus en plus malheureux, malgré les bons soins de Marina, qui pourtant devenait impatiente face à son promis qui se comportait de façon si anormale. Elle devait aussi subir les critiques du grand Surmoinesque qui exigeait que tout entre dans l’ordre.

Et Cendrine là-dedans, se demandait bien pourquoi chacun de ses spectacles prenait fin par la combustion spontanée d’un convive que certainement, elle aimait bien. Elle chercha à le revoir en dehors du spectacle et ça se passait plutôt bien malgré leur peur que tout ça se termine dans un feu de paille. Tant qu’elle ne se produisait pas en spectacle devant lui, ça allait bien. Ils riaient ensemble, se découvrait des points en commun, partageait leur vécu et par conséquence, le prince malheureux avait l’air de plus en plus heureux. Et ça se voyait même de plus en plus, encore plus qu’avant, quand il se retrouvait avec Marina. Parfois, celle-ci avait même l’impression qu’ils allaient enfin accomplir leur destin.

Mais le Grand Surmoinesque, qui voyait d’un mauvais œil l’évolution du prince malheureux, décida de saboter la transformation en cours. Il interdit tout contact entre Cendrine et le prince, en dehors des fêtes inter-monde. Si bien que le prince, n’eut d’autre choix, pour rencontrer Cendrine, que d’assister à ses spectacles. Et les combustions reprirent de plus belle, un peu moins forte tout de même, car le prince réussissait à se contrôler : le feu s’enflammait plus tard et s’éteignait plus vite.

Tout ça se poursuivit pendant plusieurs semaines encore, jusqu’au jour où le prince fit une découverte étonnante. Alors qu’il se faufilait dans les coulisses du spectacle, cherchant l’occasion de voir Cendrine sans s’enflammer, il tomba sur un trucage de scène. Un grand miroir faisait partie du décor. Et le prince compris ce qui lui arrivait. Cendrine n’apparaissait pas sur scène comme il l’avait toujours vu, la scène ne permettait de voir en réalité, que le grand miroir. Il n’avait vu que son reflet dans un miroir, et un miroir comme tous les autres, qui lui envoyait une image déformée, où il n’y voyait que « ce qui n’était pas là ».

Il voulu détruire immédiatement cet autre miroir maléfique, mais Marina lui fit comprendre qu’il y avait des moyens plus efficace de se défaire de cette malédiction. Et ensemble, ils commencèrent à assister au spectacle de Cendrine mais d’un autre point de vue. Le prince ne regarda plus à travers le miroir et il vit que Cendrine ne dansait pas pour lui, et ne provoquait pas autant de battement de cœur que d’habitude. Elle était belle et gentille, soit, mais elle n’avait plus la capacité de l’enflammer.

Le prince ne brisa jamais le miroir, pour se rappeler la différence entre le rêve et la réalité. Et parfois, il y jette un œil, pendant un court moment. Insuffisant pour s’enflammer, mais juste assez pour se rendre compte de son évolution : même dans le miroir, Cendrine paraît plus vraie, plus proche de la réelle fée qu’elle est.

Finalement, le prince malheureux se cherche un nouveau nom et un nouveau titre. Il est de plus en plus heureux et de plus en plus en contrôle de sa vie. Il a jeté au cachot le Grand Surmoinesque pour essayer de limiter son influence et il se prépare à unifier solidement son royaume à celui de Marina, sa douce promise. Et il continue de voir Cendrine, pour rire et jouer avec elle, pour vivre leurs moments complices, pour développer leur amitié, gage d’un équilibre inter-monde plus harmonieux. Et, il ne casse plus les miroirs. Ils les apprivoisent doucement, à un point tel qu’il commence à y voir sa réalité. Et elle est plus belle que tout ce qu’il avait pu imaginer.

FIN.
* * * * *

J’ai découvert dernièrement que je me comportais exactement comme quelqu’un qui a un schéma de personnalité qu’on appelle le carencé. C’est bizarre pour un psy de se reconnaître dans quelque chose qui se manifeste habituellement, chez ses clients. Je serais tenté de vous faire croire que je vous parle ici d’un de mes clients, ce ne serait qu’à moitié faux d’ailleurs, car j’en ai aidé des personnes à assouplir un tel schéma, et je pense l’avoir fait plutôt bien… c’est juste un peu plus compliqué de se traiter soi-même. Mais je pense que mon expérience personnelle peut servir d’exemple pour illustrer mon propos et, qui sait, aider certains d’entre vous.

Un schéma de personnalité est un ensemble de comportements, d’attitudes, de croyances, de façon de penser, de ressentir ou d’interpréter la réalité, qui s’est développer progressivement tout au long de notre vie pour nous aider à faire face à nos difficulté.

Chez moi, c’est la mort de mon père quand j’avais 3 ans et le manque de disponibilité affective de ma mère qui a démarré la construction de ce schéma. Et la mort de ma mère en 2004 n’a fait qu’accentuer la force du schéma du carencé.

Un schéma agit comme un filtre qui déforme la réalité de façon à ce qu’on soit convaincu de son utilité, il s’arrange pour nous maintenir dans le malaise qui justifie sa présence.

Le carencé est convaincu que les autres ne l’aime jamais assez. En fait, tous ses proches ne le nourrissent jamais assez. Il a toujours besoin de plus. Il en veut plus ! Il n’est jamais totalement satisfait de ce qu’il a. Il conjugue sa vie avec le verbe AVOIR, convaincu d’être heureux s’il AVAIT, mais convaincu aussi qu’il N’A PAS. Et cela se manifeste dans toute les sphères de sa vie : sa blonde, ses amis, ses loisirs, ses passions, son travail, sa maison, ne le satisfont jamais. Et s’il ne fait pas d’effort pour changer ça, c’est parce qu’il est convaincu qu’il ne sera jamais comblé. Qu’il ne sera jamais aimé comme il aurait aimé être aimé. C’est la première caractéristique du carencé, insatisfait passif, qui le conduit souvent à l’isolement social, l’exclusion, la dépendance affective ou l’évitement… Beau portrait n’est-ce pas ?

Mais ce n’est pas suffisant. La deuxième caractéristique principale est la tendance à rechercher, à être attiré par ce qui est impossible à avoir. En amour, c’est évident, ce sont les personnes déjà engagé auprès de quelqu’un d’autre, non disponible, qui ne s’intéresse pas à lui, ou tout simplement incompatible, qui les attire le plus. Leurs idéaux sont démesurés, ils veulent devenir le plus grand écrivain, l’artiste le plus populaire, un grand psychologue ou un acteur oscarisé… Mais ils ont peu tendance à FAIRE ce qu’il faut pour y arriver. Pourquoi ? Parce que si jamais ils réussissaient à atteindre leur but, le schéma n’aurait plus sa raison d’être. En se centrant sur l’IMPOSSIBLE, il se maintien dans la carence. Toutes ces femmes ou ces patrons qui ne veulent pas de lui, le confirme dans l’idée qu’il ne peut pas être aimé. Et donc qu’il doit se protéger contre la carence que cela provoque. Le schéma se maintien ainsi à jamais dans la passivité du rêveur solitaire qui imagine sa vie au lieu de la VIVRE.

Il vie dans sa tête, d’où peut-être, sa grande imagination, son sens du mélodrame, et ses tendances lunatiques. Souvent, il ne se sent pas doué pour le bonheur. Au quotidien, alors que sa vie semble correspondre exactement à ce qu’il veut, il sent monter en lui, à l’improviste, une profonde tristesse. Et quand il en cherche la source, il voit autour de lui ce qui lui manque, plutôt que ce qu’il a déjà. Par exemple : au lieu de bien profiter de l’amitié sincère que lui offre une belle femme, il se sent déçu de ne pas être son meilleur ami, ou son amoureux, ou son amant, et exige d’elle bien plus que ce qu’elle a envie de donner ; au lieu d’apprécier les petits moments, trop rare, passé en compagnie d’un vieil ami, il se plaint de ne pas le voir assez souvent, s’imagine que l’autre ne s’intéresse plus assez à lui, et coupe lui-même le lien, progressivement ; au lieu de savourer les moments intimes passer avec son amoureuse, il se centre sur les défauts de l’autre ou ses propres défauts, en imaginant que quelqu’un d’autre que lui ou elle, serait mieux qu’eux-même pour les rendre heureux… Et il développe des passions exagérées pour quelqu’un ou quelque chose, exagéré parce qu’il en oublie tout le reste, il n’arrive pas à accorder autant de temps et d’énergie à tout ce qu’il prétend aimer. Seule, une personne à la fois, une activité à la fois, monopolise toutes ses pensées. Le pire, c’est lorsque cette personne ou cette activité font partie du monde de l’impossible…

C’est ce que j’ai voulu exprimer à travers le conte du Prince malheureux. Je l’ai écris un matin, comme ça spontanément, alors que j’étais en train d’expérimenter mon schéma d’une manière assez surprenante. C’était la première fois de ma vie que j’arrivais à comprendre ce qui m’arrivait quand ce schéma était en plein action. Et parce que, tout au long de l’expérimentation, j’arrivais à communiquer ce que je ressentais directement aux personnes concernées, cela a eu un impact assez bouleversant. La solution, envisagée dans l’histoire, est assez difficile à vivre. Les bouquins de psy me conseillent par exemple de fuir les personnes qui provoquent chez soi-même notre schéma. Moi, j’ai décidé de l’affronter, de ne pas le laisser me faire perdre le plaisir que j’ai à côtoyer certaines personnes ou à faire certaine activité même si celles-ci ne peuvent me combler et qu’elles provoquent l’activation de mon schéma. Je me dis qu’à force de l’affronter, le schéma diminuera en intensité.

Est-ce que je me goure ? Quand je pleure pour rien, je me dis que oui. Quand je rigole en compagnie des gens que j’aime, je me dis que non.

Une amie m’a dit un jour : « Tu sais, de toutes les personnes que j'ai pu rencontrées dans ma vie, je pense que tu es la plus lucide face à tous les petits détails qui composent notre personnalité et qui affectent notre façon de voir la vie dans le quotidien. Sans pour autant que ça te rende la tâche facile, je pense que tu as tous les outils nécessaires pour avancer dans ton chemin, quelque soit l'obstacle qui puisse se présenter. »

Donc, je vote pour continuer à l’affronter. Qui n’essai rien n’a rien. On verra bien ce que ça va donner.

1.7.08

Nouveaux objectifs

Je dois avouer que mon expérience théâtrale m’a bouleversé d’une façon majeure.

Principalement, elle m’a permis d’affronter ou d’être confronté à mes bibittes du passé : carence affective, anxiété sociale, sentiment d’exclusion… Le dernier mois a été particulièrement fertile en émotion et en remise en question (voir Paroles de Psy), et je l'ai fais vivre à tous ceux que j’aime, ce que je regrette profondément. Ça m’attriste énormément d’avoir le sentiment de tout facilement saboter ce que j’ai construit avec tant de difficulté, et de revenir toujours au même point, comme si je n’évoluais jamais.

En même temps que je me réalisais pleinement en jouant du Cyrano, je créais des malaises relationnels avec les personnes que j’aime le plus. L’art de tout compliquer.

Maintenant que c’est terminé, que je retombe dans « ma réalité », j’essai dans tirer des conclusions réalistes. J’essai aussi de réviser mes buts dans la vie en terme d’objectifs et de moyens pour y parvenir.

Première constatation simple : j’aime jouer. Deuxième : je suis fier de moi quand je le fais. Objectif qui en découle : jouer de façon régulière. Moyens pour y parvenir : accepter les propositions intéressantes et me dégager du temps pour le faire. WOW ! C’est si simple quand on veut !

Troisième constatation : j’aime socialiser avec mes amis. Quatrième constatation : certaines personnes plus que d’autre correspondent bien à ce que j’appelle des amis. Objectif : vivre davantage d’expériences de socialisation positives avec ces personnes. Moyens : créer des occasions de nous voir qui correspondent à nos intérêts communs. Si simple quand on y pense !

Donc, j’ai fais deux choses importantes en deux jours.

Premièrement, pour me dégager du temps, j’ai réaménager mon horaire de travail en changeant mon implication au centre de St-Jean et en fermant mon bureau de Marieville. Wow ! C’est simple à imaginer et à dire, mais quand vient le temps de le faire, habituellement, je me dégonfle. Mais là, je n’ai pas attendu que l’anxiété monte, j’ai écris mes lettres et je vais les poster tantôt.

J’ai l’intention de me centrer uniquement sur les évaluations à St-Jean. J’ai besoin de me centrer sur un aspect de ma pratique, je n’ai plus envie de me disperser comme je le fais depuis trop longtemps déjà. J’essayerai d’y consacrer deux jours de la semaine pour faire la passation de test et les rencontres avec les parents, et continuerai de faire mes rapports à la maison, comme je fais déjà (cela devrait ressembler à 10 à 15 heures de rencontres en plus de 10 heures d’analyse et de rédaction : pour un maximum de 25 heures par semaine). Ça va me laisser plus de temps pour m’occuper de mes objectifs principaux : avoir plus de temps pour jouer et créer…

Deuxièmement, je m’ouvre à une plus grande socialisation. J’ai réinvité quatre membres de la troupe pour venir faire du badminton avec moi et ma famille. Ça va se faire pour la première fois mercredi. J’ai hâte de voir comment ça va se passer. Je suis tellement paradoxale sur le plan relationnel. J’ai plein de carence, donc des envies monstres d’être avec les autres pour me nourrir affectivement; en même temps j’ai plein d’anxiété sociale, peur du rejet, peur du ridicule, qui me donne une tendance à m’isoler et à ne pas m’impliquer dans mes relations; et j’ai tellement de fun quand j’ai un public, pour rire, faire le clown, m’amuser avec eux, un vrai histrionique ! J’ai de la difficulté à faire la paix avec tout ça et juste me concentrer sur ce que j’aime. J’aime rencontrer mes amis, alors je dois tout mettre en œuvre pour le faire.

J’ai révisé mes objectifs de vie écrits sur ce blog l’an passé. Il y en avait 5. Je les reformule maintenant en tenant compte de mon évolution. Et j’en ai ajouté un sixième.

1- M’aménager un nid douillet et fonctionnel (pour relaxer et recevoir des amis)
2- Vaincre mon anxiété sociale (m’exposer et relaxer)
3- Affirmer ma créativité et l’expression de soi (théâtre, écriture, art)
4- Être plus présent pour ceux que j’aime (plus affectueux et socialiser davantage)
5- Être plus en forme physiquement (être plus actif)
6- Réaménager mon travail pour qu’il favorise mes 5 autres buts

C’est drôle car demain, mercredi le 2 juillet, ma dernière journée de vacance va être une journée type qui tiendra compte de tous mes objectifs de vie.

6hr00 : Me réveiller en me disant que j’ai bien fait de prendre des vacances (#6)
6hr15 : Petit déjeuner avec ma femme (#4);
7hr30 : Entretient de la maison (#1);
10hr30 : Massage (#2);
13hr00 : Dîner avec mon fils (#4)
14hr00 : Pratique de saynètes (#3,#2 et #4)
16hr30 : Retrouver ma gang de théâtreux (#4 et #2)
17hr30 : Jouer au badminton avec mes amis (#5, #4 et #2)
19hr30 : Souper entre amis (#4)


Journée type à garder comme modèle de réussite où je me serai mis en action pour atteindre mes objectifs. J’anticipe beaucoup de bonheur et de satisfaction…

31.5.08

J'ai peur

C'est bizarre le stress. Plus la date de notre pièce de théâtre approche, plus je m'énerve, je deviens émotif et j'ai peur. J'ai surtout peur de me faire dire, qu'après coup, tout ce que je ressens pour mes nouveaux amis (je pense surtout à Cindy, Benoît, Gabrielle et Yvon, pour ne nommer que ceux là) disparaîtra avec la fin du spectacle. Je ne veux pas entendre que nous allons nous éloigner les uns des autres comme je l'ai vécu avec mes amis du secondaire, du CEGEP, de l'université, comme avec Dominique, comme avec mes amis des Centres Jeunesses, comme avec Natalie ou Christian... Je voudrais m'assurer que ça durera, cette fois. Je ne veux pas me faire dire par mon fils (il pourrait le faire pour se vanger des fois ou je lui ai dis) que je suis naïf. Il me semble que j'ai déjà été si proche de mes nouveaux amis que ça ne se peut pas que la relation s'éteigne avec la fin de la pièce.


Mais que faire ? Ces derniers jours, je n'ai pas arrêté d'envoyer des courriels (à certaine plus qu'à d'autre), proposer de nous voir, trouver des astuces pour nous voir plus souvent (je les ai inviter au badminton)... mais je suis encore insécure.


Je me demande ce qui m'arrive, je me sens comme un carrencé affectif. J'ai envie de les voir, d'être collé sur eux, de les toucher, de les faire vibrer, de me révéler à eux et de les découvrir.


Et j'ai tellement peur... peur d'être naïf, peur d'être rejeté, peur d'être trompé, qu'on me mente, qu'on soit trop hypocrite pour me dire ce qu'on pense vraiment de moi.


Pourtant, des quatres personnes dont j'ai parlé, j'ai senti une telle sincérité.


Se pourrait-il qu'ils puissent vraiment m'aimer?


Mon inquiétude et mes larmes m'ont poussé à relire tout ce blog de purge psychique, ce qui a entrainé la purgette actuelle.


Solution qui me vient à l'esprit: Cindy m'a dit qu'elle aimait bien mon écriture, peut-être que je devrais leur montrer ce blog, pour qu'ils me connaissent encore mieux.


J'ai peur.

10.2.08

Quoi faire ?

Quoi faire avec toutes les offres qui me tombent dessus ? C'est bizarre, depuis que j'ai essayé d'organiser mon travail pour travailler moins tout en gagnant plus d'argent (question de pouvoir règler mes obligations et gagner du temps pour ce ou ceux que j'aime vraiment), on dirait que les occasions d'augmenter ma charge de travail pleuvent de toute part.
Depuis que j'ai décidé de cesser ma pratique à Longueuil, on dirait qu'on me courtise pour que je reste: de nouveaux psychologue s'instalent dans les bureaux à côté du miens, Gilles me propose de participer à un projet TV, je retrouve de vieille connaissance (une psychologue avec qui je travaillais quand mon bureau était à Mascouche)...
Depuis que je travaille à St-Jean, à l'origine je devais dépaner en faisant des évaluations d'enfant, j'ai de plus en plus de clients aux problématiques variés autant chez les adultes que chez les enfants (dont les cas d'IVAC). On m'a demandé pour participer à un de leur programme de PAE mais j'ai de nombreuses résistances, notamment au niveau de l'argent. Accepter d'être sous-payé ne m'intéresse plus du tout, j'ai passé l'âge on dirait. Suis-je devenu un de ses grands capitalistes que je crittique constamment ? Je ne pense pas, mais ça me fait vivre de la culpabilité quand j'essai de considéré le facteur monétaire dans mes décisions, pourtant, je suis sûr que c'est une bonne décision de refuser une entente qui me fait perdre mon temps et de l'argent...
Et même le Café-Théâtre m'offrait une job pour l'été: faire des scennettes historiques pour les nombreux touristes. J'ai donné mon nom comme remplaçant, seulement s'il manque de volontaire, parce que je me demandais comment j'allais me libérer, et parce que j'ai encore un peu peur de jouer (j'ai hâte de voir comment je vais me sentir dans mes 12 représentations du mois de juin.
Et voilà qu'un CLSC me demande d'appliquer sur un poste de psy à temps partiel. Wow ! Ça m'aurait fait plaisir à un autre moment donné, mais là ça me fait un peu paniquer. J'ai pas encore fait mon retour d'appel parce que je jongle avec l'idée. Est-ce que cela s'inscrit bien dans ma recherche d'équilibre (travailler moins, payer mes comptes, m'amuser plus, faire du théâtre, écrire, créer...).
Bon, je n'ai pas la réponse, juste la question. On y reviendra. J,ai pu le temps d'y penser.

23.9.07

Possibilité de changement

Je suis super énervé, paniqué, stressé… excité ! Ma femme vient d’être sélectionnée pour une nouvelle job… à Gatineau ! Imaginez le branle-bas de combat que ça va susciter. Faudra déménager, vendre notre maison, en acheter une autre peut-être. C’est hyper stimulant pour elle. Elle a été choisit pour ses nombreuses habiletés, enfin reconnu. Je suis fier d’elle. C’est un poste d’un niveau supérieur à ce qu’elle a, donc mieux payé, avec des avantages similaires. Et comme c’est la fonction publique, cela lui donne accès à plein d’autres postes intéressants. C’est super pour sa carrière et son épanouissement.
Quant à moi, professionnellement, j’avais envie d’un break depuis longtemps. Ça me donne l’occasion de faire une sorte de transition. Je pourrais probablement prendre quelques mois sabbatiques avant de m’investir dans ma carrière de psy. Je m’imagine déjà finir mon roman, fignoler mon site ou concrétiser d’autres projets.
Le plus dur va être de s’éloigner des gens que j’aime, surtout de Vincent, de Sandra, Yvan, Thomas et Nicolas… Je suis tristes de penser qu’on ne vivra plus nos fin de semaine de badminton et nos soupers familiales tel qu’on les vie depuis presque deux ans. Évidemment, je souhaite avoir une grande chambre d’amis pour les inviter le plus souvent possible, après tout, nous ne serons qu’à trois heures de route.
En tous cas, je me sens dans tous mes états, je panique toujours un peu lors des grands changements. Vous auriez dû me voir lors de l’achat de notre maison, et vous avez eu une idées de ce qu’à provoqué chez moi le départ de mon fils ou la mort de ma mère. J’ai de la difficulté avec les deuils… et justement, aujourd’hui même, ça fait 40 ans que mon père est mort.

Je m’apprête donc à faire face à un autre grand bouleversement. Par quoi commence-t-on ?

1) Mappy et moi allons visiter Gatineau dans les prochaines semaines. Elle va aller rencontrer son patron et ses collègues tandis que je visiterai les environs, question je jauger un peu le feeling de l’environnement.

2) Si elle s’engage, il y aura une sorte d’essai de trois mois, pour être sûr qu’elle fait le bon choix. Pendant ce temps là, elle devra vivre la semaine à Gatineau et la FDS à Marieville. Ça va lui prendre un logement meublé ou une chambre d’hôtel.

3) Si la job et l’environnement lui plaît, on met la maison à vendre et on essai de se trouver quelque chose là-bas. C’est à ce moment-là que j’annonce à mes clients que je ferme boutique dans les 60 jours. Deux mois d’avis est suffisant pour ma location de bureau et pour référer mes clients. Si je travaille avec l’équipe de St-Jean – je suis en pourparler pour avoir des contrats d’évaluation psychologique avec une clinique de St-Jean – je pourrai continuer à faire des évaluations jusqu’au déménagement. Je continuerai aussi mes cours de théâtre tant que cela aura un sens de le faire.
4) Pendant les 60 jours et plus d’attente, je commence à faire les boîtes et à mettre à jours – pour archivage et référence plus facile – tous mes dossiers.

5) Déménagement.

6) Décision concernant mon occupation principale.

7) Un pas de plus vers l’inconnu…

Wow ! Je pensais que ça ferait du bien de l’écrire. C’est le cas, ça m’a permis de structurer ma pensée, mais en même temps, ça concrétise mes peurs. Je ne crois pas, pourtant, que ce soit au-dessus de mes forces. J’avais envie de changement depuis un sacré bout de temps et c’est une occasion en or qui se présente à moi.

Attention ! Je me sens comme sur le gros tremplin de la piscine Fullum qui me terrorisait quand j’étais petit – il y a bien longtemps – mais comme à l’époque, je m’apprête à sauter. Alors, faites attention à vous, parce que maintenant que je ne suis plus si petit, ça va faire une méchante bombe !

15.6.07

Retour de service


Oyez! Oyez! Aviss à la populaciòn!
J'ai réservé le terrain de badminton
Pour vot' bonheur et plénitude
de 4 à 6 comme d'habitude.

Mais si on n'est pas au moins quatre,
Ça ne sert à rien de se battre.
Votre confirmation de présence
doit me parvenir, c'est l'évidence

Sinon, en vérité je vous le dis,
Je devrai canceller samedi.
A+

[MPM]

J'aimerais bien, mes muscle commencent à me chialer après pour les faires bouger,
Mais par contre, je ne sais pas ou et si travail José,
Me ferait il l'immense faveur de venir me chercher??
Car ehh oui, grace au ciel, samedi, je serai en conger!!!!

Alors j'apprécierais bien si José pouvais me renvoyer
Un courriel avec sa disponibilité!!!

Bonne journée! :D

[Miky]

Comme d'habitude je serai prêt
à Longueuil, vers 15hr30 pour partir
si tu veux bien, s'il te plait
être là pour ne pas nous ralentir.

Et si on passe par la pâtisserie
Une jardinière pourrait être partagée entre amies...

[José]

J'y serai,
Contente d'y aller!
Prière de me contacter
Si Vincent doit être transporté.
Pas de soucis
Ma chère Miky,
On ne fera pas de chichis
Pour Chichi.

Des fajitas on mangera.
Je pense pas qu'on en manquera.
J'espère que tout le monde aimera.
De toute façon, on s'amusera!

Donc à samedi,
Mes petits amis.
Je vais au lit.
Bonne nuit!
Samxx

P.S. (hé!): Si vous remarquez
L'heure ou mon message a été envoyé,
Vous comprendrez
Pourquoi je rime avec tant de pauvreté... ;-)

[Sam]

5.6.07

Congé désirable


Je me sens un peu mieux – même beaucoup mieux parfois – depuis que j’ai réaménagé mon horaire pour me consacrer un peu plus à mes rêves. J’ai eu droit à 4 jours de congé (avec seulement deux clients à Marieville) en FDS et qu’est-ce que j’en ai fais ?

J’ai commencé à aménager notre sous-sol. L’atelier commence à ressembler à un atelier et le bureau commence à ressembler à un bureau. Voilà pour mon désir no 1. Je pourrais aussi dire que mon gazon commence à ressembler à un gazon, mais ça c’est une autre histoire. Et ma douce m’a offert un beau cadeau de fête des pères : une table à dessin ! Il reste à la monter et la mettre en place dans l’atelier. Et je pourrai m’en servir pour satisfaire mon désir no 3 (affirmer ma créativité).

Je me suis occupé de mon corps (désir no 5) en jouant au badminton et en déplaçant des meubles – fallait nous voir avec le sofa-lit dans l’escalier ! Et j’ai pris une décision importante : puisque je réaménage mon horaire, ça me donne la chance de faire du badminton une deuxième fois pendant la semaine (le mercredi), c’est super ! Attention Marcel !

Quand à mon désir no 4, je pense être un peu plus présent. J’ai beaucoup plus parler avec ma femme : de nos projets, de nos rêves, de nos peurs, etc. Et nous avons jouer en famille à mon super jeu de société – que l’on appelle le jeu de papa mais que j’aimerais baptiser « Choix de vie »; ce qui nous a permis de planifier les règles de la version gamma (la troisième), ce qui a répondu un peu à mon désir no 3.

Seul mon désir no 2 (vaincre mon anxiété sociale) n’a pas été travaillé, mais je me suis renseigné pour les cours de théâtre et ils commencent en septembre seulement.

Donc, les choses avancent. J’aimerais que la réalisation de ces désirs fasse de plus en plus partie de mes comportements réguliers, sans que cela ne devienne une obsession qui augmente mon anxiété ou que cela provoque de la culpabilité lorsque je n’ai pas le temps de m’en occuper. Voilà mon défi !