30.6.06

Mon refuge

C'est fou comme on peut être bien, quand on se sent enfin chez-soi. Il est 22hr 30, et je peux me permettre de faire du lavage sans déranger personne. Je suis si bien depuis que nous avons récupéré notre sous-sol. J'peux me promener en bobette aussi : la liberté ! Je ne m'empêche plus de partir le lave-vaisselle le matin, je n'essaye même plus d'éviter le bruits que mes chaises de bois font sur la céramique de la cuisine... Je me permet de vivre comme j'en ai envie, j'avais oublié à quel point cela était précieux... pour moi en tout cas.
Je ne suis vraiment pas fais pour vivre avec des colocataires, j'ai toujours été sauvage et aux prises avec un schéma d'exclusion (voir quelque part sur ce blog). J'ai toujours eut besoin de m'isoler des autres quand j'étais enfant et ado -- et adulte, soyons honnête ! -- j'avais des crochet à mes portes de chambre -- oui, j'avais deux portes dans le salon double qui me servait de chambre. Personne ne pouvait envahir mon environnement sans mon consentement et le respect de mes règles. Ma chambre était mon refuge et comme tout bon refuge, j'aurais pu y rester toute ma vie. Mais je n'y restais pas tout le temps, j'y demeurais suffisamment pour me sécuriser, me calmer, me ressourcer, puis je retournais affronter ma plus grande peur : les autres.
C'est ce qui me manquait depuis mon arrivée dans cette nouvelle maison : un refuge, à l'abri des autres. Et je l'ai retrouvé. Bon dieu que ça fait du bien !

11.6.06

Plaisir de la maîtrise

Je suis fier de moi ! Imaginez-vous 300 livres de muscles (mmm...) en train de courir après un petit volant de badminton. Je le fais toutes les fins de semaines depuis plus de 5 mois environ. J'adore le badminton et, depuis toujours, je me suis habitué à la victoire (personne – que je connaissais – n'était de taille – croyez-moi, la taille ça me connaît), jusqu'au jour où un certain M (vaut mieux taire son nom pour l'instant) s'est joint à nous pour nos compétitions amicales – faut le dire vite – hebdomadaires.
Ce fut désastreux ! Pour mon petit orgueil. Pendant un peu plus d'un mois – peut-être même deux, allez soyons honnête – je suis allé de défaites en défaites, promenant mon âme en peine et ma carcasse endolori d'un bout à l'autre du terrain avec un balancement significatif de la tête de gauche à droite indiquant à quel point je n'y comprenais plus rien.
J'ai essayé une ou deux fois de le vaincre en simple face à face – faut le dire vite ça aussi car c'est loin d'être simple – mais ça ne faisait que m'humilier. Je me consolais en faisant des simples avec d'autres membres de ma famille (mon fils ou mon beau-neveu – quoi? C'est vrai qu'il est beau!) mais la victoire avait un goût trop commun (facile et sans saveur). Je me suis aussi contenté de victoire plus ou moins facile en double en me jumelant à l'autre meilleur joueur de la bande (mon fils !) et en jumelant M à un handicap de la bande (je ne nommerai personne...).
Comme vous voyez, tous mes subterfuges n'ont pas donné grand chose, ils ne pouvaient cacher à personne qu'une victoire contre le Prince du badminton ne semblait pas du tout à ma portée. Je m'étais même dis que je réussirai à le planter seulement si je perdais 200 livres et qu'il tombait malade...
Mais malgré tout, je n'ai pas réellement abandonné. J'ai décidé de persévérer quitte à être humilié une couple de fois – j'ai insisté la semaine dernière pour faire un dernier match avec lui à la fin de nos deux heures de jeu, match que j'ai perdu 11 à 0, il me semble.
Et finalement – roulement de tambour – j'y suis arrivé ! J'ai gagné 15 à 8 dans un simple avec M, l'ex-prince du badminton ! Imaginez ma joie... J'ai envie de le crier sur tous les toits, de me promener sur la rue avec des affiches géantes aux slogans révélateurs : “Détrônement du Prince du Badminton! Le Roi du Volant reprend son envol !” On devrait en faire une manchette sportive dans les journaux ou les bulletins télévisés... Mais je vais me contenter d'un message sur mon blog en espérant que la nouvelle se disperse un peu. Si j'ai le temps, ça ira même sur un de mes sites qui vise un plus large public.
Tout ça pour vous dire que la victoire est tellement belle pour celui qui sait persévérer. Il a fallu que je sois patient aussi. Tout au long du match, il faut savoir attendre, ne pas se précipiter sur tout ce qui vol, profiter des erreurs de l'autre, garder son souffle, prendre son temps avant de faire son service, briser le rythme de l'autre sans briser le sien... Il n'y a rien de facile à gagner dans de telles conditions. Et le tout était plaisant. On a fait des échanges plus long que d'habitude – j'avais de la difficulté à toucher au volant ou à rendre ses services il y a une semaine – et des coups remarquables – à deux poils de la ligne ou du filet.
Le plaisir est une drôle de chose. Souvent, on l'associe à un laissé aller caractéristique, comme lorsqu'on rit, qu'on mange ou qu'on jouit, mais il se vit aussi dans le contrôle de soi, la maîtrise de soi, chose qu'on a tendance à oublier.
Le 10 juin 2006 restera gravé dans ma mémoire parce que cette victoire inespérée fut pour moi un véritable orgasme de plaisir et un ode à la maîtrise de soi. Merci M pour m'avoir permis un tel apothéose de bonheur. J'espère pouvoir le renouveler, un jour – quoique j'ai bien l'impression que ce genre d'expérience paroxystique va devenir contagieux dans les semaines qui viennent. Car si d'autres amateurs de la bande jouent le jeu du plaisir de la maîtrise, c'est eux qui savoureront leur victoire comme jamais...
Et je serai heureux d'avoir fait grandir leur plaisir !

9.6.06

Sport d'été


Quelqu'un pourrait-il me dire pourquoi je sue autant en passant ma tondeuse une petite demie heure qu'en jouant au badminton pendant 2 heures ?
Ah! les joies de l'été et de la propriété !

1.6.06

Seul, les premières fois...

Je regarde mon fils vivre ses premières déceptions amoureuses et je ne peux m’empêcher de penser : Ô ! combien, j’aimerais lui éviter tant de peine. Car, je me rappelle les miennes avec la certitude de ne jamais vouloir retourner à cette époque où je tombais systématiquement en amour sans réciprocité…
Pourtant, pour être honnête, il m’arrive de penser à toutes ses expériences avec un brin de nostalgie. Au fond, ne serait-ce pas toutes ces situations difficiles, toutes ces passions non partagées, tous ces refus, toutes ces fois où j’ai – ou je n’ai pas – osé, qui font de moi l’amoureux que je suis ?
C’est probablement grâce à toutes ces fois où je me suis endormi en pleurant, ces fois où j’ai prié dieu pour qu’il mette la bonne sur ma route, ces fois où j’ai juré ne pu me faire prendre et ces fois où j’ai recommencé, que je suis, aujourd’hui, devenu : un amoureux sensible capable de vivre de grands moments de passion dévorante et de partager les doux plaisirs simples de la vie quotidienne ; un homme immensément respectueux et reconnaissant envers les femmes que j’aime ou qui m’aime ; et quelqu’un qui sait, Ô ! combien, une belle relation amoureuse est précieuse.

* * * * *
Tant de fois j'ai tenté
D'aller toucher les étoiles
Que souvent en tombant
Je m'y suis fait mal

Tant de fois j'ai pensé
Avoir franchi les limites
Mais toujours une femme
M'a remis en orbite

Tant de fois j'ai grimpé
Jusqu'au plus haut des cimes
Que je m'suis retrouvé
Seul au fond de l'abîme
Seul au fond de l'abîme

Celui qui n'a jamais été seul
Au moins une fois dans sa vie
Seul au fond de son lit
Seul au bout de la nuit

Celui qui n'a jamais été seul
Au moins une fois dans sa vie
Peut-il seulement aimer
Peut-il aimer jamais

Tant d'amis sont partis
Du jour au lendemain
Que je sais aujourd'hui
Qu'on peut mourir demain

On a beau tout avoir
L'argent, l'amour, la gloire
Il y a toujours un soir
Où l'on se retrouve seul
Seul au point de départ

Celui qui n'a jamais été seul
Au moins une fois dans sa vie
Seul au fond de son lit
Seul au bout de la nuit

Celui qui n'a jamais été seul
Au moins une fois dans sa vie
Peut-il seulement aimer
Peut-il aimer jamais

Tant de fois j'ai été
Jusqu'au bout de mes rêves
Que je continuerai
Jusqu'à ce que j'en crève
Que je continuerai
Que je continuerai

Celui qui n'a jamais été seul
Au moins une fois dans sa vie
Seul au fond de son lit
Seul au bout de la nuit
Peut-il seulement aimer
Jamais, jamais
Je continuerai
Je continuerai
Peut-il jamais aimer...

Seul
Chanteur : Garou
Paroles/Musique : Luc Plamondon / Romano Musumarra
Maison de production : Columbia / Sony Music