23.12.05

Lettre de M. Psytami

Ah! Comme la neige a neigé !
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah! Comme la neige a neigé !
Qu’est-ce que le spasme de vivre
À la douleur que j’ai, que j’ai !

J’ai toujours aimé cet extrait d’un classique de Nelligan et il me semble très à propos depuis quelques jours, depuis le drame qui me secoue maintenant en même temps que ma belle famille. Pourtant, à la mi-novembre, quand j’essayais de commencer cette lettre, je m’étais amusé à improviser des vers plus joyeux…

Ah ! Comme la neige a neigé !
Ma vitre est un jardin de givre.
Qu’est-ce que ça me donne le gout de vivre.
Hourra ! l'hiver est enfin arrivé !
Ah ! Comme la neige va neiger !

Parce que pour moi, l’hiver est joyeux. Avec ses tourbillons de poudrerie qui transforment les pavés d’alsphate en gâteau marbé, ou avec le verglas qui enrobe chaque petite branche comme la miéline d'un axone pour nous renvoyer un décor féérique à souhait... J’adore l’arrivée de l’hiver. Enfin, de l'air frais qui empêche mon front de dégouter, de dégouliner, de me doucher... Je commence à me sentir mieux quand les grandes chaleurs prennent leur envol en même temps que des milliers de feuilles écarlates. Je suis vraiment excité par la chute des premiers flocons et je suis franchement satisfait quand un beau tapis blanc recouvre la grisaille de l’automne. En novembre, je souhaitais que cela arrive très tôt et que de gros flocons dansent au soleil et fasse disparaître tout ce vieux gazon grisonnant. Enfin, j'espérais qu'un tapis de neige m'attendrait chaque soirée pour donner cette clarté magique, cette impression qu'il fait clair au milieu de la nuit. Quand j'étais ado, ma mère me permettait de veiller plus tard lorsqu'une tombée de neige arrivait en fin de journée et provoquait une nuit blanche...
J’ai longuement hésité avant d’envoyer cette Lettre de M. Psytami qui se voulait joyeuse pour le temps des fêtes. J’avais, tout à coup, le goût soit de l’annuler complètement, soit d’en faire un hommage à deux grandes disparues. En effet, ma mère, qui nous a quittés le 16 décembre 2004, et ma belle-mère, décédée le 12 décembre 2005, mériteraient de beaux hommages, plus beaux que je ne suis capable d'en faire dans cette lettre. Mais c’est en partie en pensant à elles que j’ai décidé de l’envoyer. Maman, je pense, a bien plus la chance de voir cette lettre là où elle est maintenant (St-Pierre est certainement mieux branché que n'importe qui). Quant à ma belle-maman, elle aimerait sûrement la recevoir, parce qu’elle a toujours été sans nul doute la plus grande fan de M. Psytami.
J’ai donc décidé malgré tout (deux deuils, un déménagement, des "tonnes" de démarches à faire et les préparatifs de Noël) de la compléter en ce premier jour d’un congé bien mérité. En tous cas, malgré la tempête du siècle qui nous est tombée dessus un certain 16 décembre, je vous souhaite une avalanche de psybonheurs pour Noël.
Extrait de: La lettre de M. Psytami (décembre 2005).

16.12.05

Collusion

Serait-ce une collusion de nos deux mamans ?
C'était l'anniversaire de la mort de ma mère aujourd'ui-même et j'aurais pu penser descendre à Montréal pour me recueillir au columbarium.
C'était aussi la dernière fois où nous pouvions voir ma belle-mère avant la crémation, mais il aurait fallut aussi descendre à Montréal.
Mais voilà que la tempête du siècle nous tombe dessus (on s'entend que 40 cm c'est un peu moins qu'en 1971, mais on a changé de siècle dernièrement).
Nous sommes donc restés chacun chez nous, ce que nos mères auraient préféré de toute façon.
Nous avons penser à elles en regardant des photos. J'essayais de sélectionner de beaux clichés pour faire un montage hommage, ce qui m'a fait vivre de beaux souvenirs.
J'en ai profité pour remplir des boîtes (j'en suis rendue à 12 !).
Nous sommes allés dîner avec Sandra, ce qui semble avoir fait plaisir au petit Thomas qui n'a pas cessez de nous dire qu'il nous aimait comme s’il savait qu'on en avait bien besoin. Et Nicolas m'a laissé le prendre pendant une bonne demi-heure.
Les grands sourires de ces tout-petits m'ont fait comprendre que la vie a beau être fragile, elle vaut vraiment la peine d'être vécu...

15.12.05

Famille...

J'ai du mal à ne pas pleurer en pensant à ma belle-mère qui vient de mourir. J'ai du mal surtout parce que ça me rappelle ma mère...
J'ai mal parce que ça sonne trop la fin d'une époque, celle où nous étions tous sous la protection et l'amour de nos parents. Celle où les piliers centraux étaient là, malgré leur défaut, malgré leurs petits irritants, même malgré leur absence momentanée...
Nos sommes des orphelins maintenant, dispersés, sans lieux communs, sans foyer...
J'ai peur qu'on se perde de vue. J'ai jamais senti que ma famille était unie, j'ai jamais pensé qu'un jour elle me manquerait. Mais maintenant, j'ai mal et j'ai peur, pour ma famille d'adoption.
Peur de perdre Dominique, dont ça fait trop longtemps que je suis loin, et Philippe, dont je m'inquiète de l'état...
J'aimerais que les liens se ressoudent, et présentement je le ressens beaucoup plus pour ma famille d'adoption que pour ma famille d'origine.

12.12.05

Résonnance déraisonnable

Parfois la vie résonne et déraisonne...

Alors que je me préparais à vivre une semaine difficile, à penser, à rêver et à me souvenir de ma mère (elle est morte le 16 décembre 2004), voilà que ce matin, la mère de Marie-Pascale nous quitte soudainement.

J'ai beaucoup pleuré... parce que j'aimais cette mère d'adoption et que je ne m'imaginais pas la perdre aussi tôt... mais aussi, parce que de voir et d'entendre les pleurs déchirants de ses enfants, m'ont ramené un an en arrière...

Adieu Belle-Maman ! Dites bonjour à ma mère...

9.12.05

Si fragile

On n'choisit pas toujours la route
Ni même le moment du départ
On n'efface pas toujours le doute,
La vielle peur d’être en retard
Et la vie est si fragile...


On n'choisit jamais de vieillir
On voudrait rêver un peu plus
La vie n'est pas faite pour mourir
On meurt souvent bien entendu
Car la vie est si fragile...


On n'atteint pas toujours le but
Qu'on s’était fixe autrefois
On n'recoit pas souvent son du
La justice choisit ou elle va
Et la vie est si fragile...


On est seulement ce que l'on peut
On est rarement ce que l'on croit
Et sitôt on se pense un Dieu
Sitôt on reçoit une croix
Et la vie est si fragile...


Car le temps est la
Toujours la
seule justice ici-bas
On est si fragile...


On marche sur l'or ou sur l'argile
Dépend de ce qu'on a reçu
On reste tout aussi fragile
Pourquoi donc se marcher dessus ?
Car la vie est si fragile...

Paroles de Luc De Larochelière

8.12.05

Deuil par procuration

J'ai toujours été quelqu'un de facile à émouvoir.
J'ai pleuré en regardant le Roi lion, surtout quand Simba se rend compte de la mort de son père et s’imagine que c’est de sa faute.
J’ai versé une larme quand Luke a découvert que Darth Vader était... son père ! " It’s impossible! It’s not true ! " C’est l’un des rares films que j’ai réécouté en anglais et que j’ai compris.
Vous auriez dû me voir pleurer dans la scène de Fréquence quand en quelques instants le jeune policier se remémore toute une vie qui vient de changer parce que son père, une vingtaine d’année plus tôt, échappe à la mort qui lui était destiné grâce à des renseignements qui lui viennent du futur… j’en ai des frissons rien que d’y penser.
Et que dire de cette scène célèbre d’un de mes films préférés: La princesse bouton d’or (The Princes Bride). " Bonas dias, je m’appelle Inigo Montoya, tu as tué mon père, prépare toi à mourir… " Wow! Mes poils se dressent en me remémorant le combat final où il répète sa phrase à rendre dingue son ennemi.
Chaque fois, un père, un fils, et une mort certaine qui se glisse dans leur relation…
Hier, pourtant, c’est pour une mère que j'ai pleuré.
À chaude larme avec des soubresauts de tous le corps. En regardant pour la troisième fois peut-être, un épisode de la cinquième saison de Buffy. Celui où celle-ci perd sa mère de la façon la plus cruelle qu’il soit pour une super-héros : accident cérébral-vasculaire ! Pas de monstre à combattre, aucun moment de bravoure, que de l'impuissance qui vous fait flancher. Le choc de la découverte du cadavre de sa mère, la confusion de sa rencontre avec les ambulanciers, le moment où elle doit l’annoncer à sa petite sœur… Et le désarroi de ses amis, Tania, l’ancien démon qui a du mal a comprendre la tristesse qui l’habite et la peine qu’elle voit dans les yeux de ses amis, et Alex, qui faute de trouver un monstre sur lequel se venger, s’en prend au mur et y reste coincer. La première fois j’avais plus rit que pleurer. Hier, j’ai vider une boîte de mouchoir.
La vie est si fragile...

7.12.05

Mauvaise journée ? Rrrrrr...

Y a des fins de journée comme celle là où on voudrait être ailleurs. J'ai jeté un cou d'oeil au ciel en sortant de l'auto et je me suis dit que l'univers, avec sa voute toute célestre, était bien beau mais que j'aimerais le regarder d'ailleurs. Il me semble que le ciel doit être merveilleux en Alaska ou dans le Grand Nord. Que ça doit faire du bien de n'entendre que le vent souffler et de ne sentir que la poudrerie me pincer le visage... Tiens, c'est bizarre, toute la journée, j'ai chialé qu'il faisait trop froid et là je rêve d'un tour de Boréal Express.
Je suis déçu, triste même, parce que j'ai perdu une collègue aujourd'hui. En fait, elle n'est plus là depuis près d'une semaine mais là j'ai compris qu'on l'avait mis à la porte sous prétexte d'un manque d'honnêteté vis à vis le grand boss. On ne m'a pas dit si la faute commise se situait au niveau du vol de crayon, des photocopies non autorisées ou du perçage de coffre fort. Mais je m'en fous, j'ai juste perdu quelqu'un que j'aimais bien taquiner et qui contribuait à combler mon sentiment d’appartenance en me donnant l’impression de former une belle équipe. Ça fait que ma bulle est " pétée " : Nous ne sommes pas une équipe, nous sommes un groupe d'individus travaillant chacun pour soi, avec des valeurs et des intérêts probablement trop différents pour former une véritable équipe.
C'est drôle, mon boss m'a expliqué le départ de ma collègue suite à une discussion banale sur mes projets de déménagement dans laquelle j'ai avoué que nous allions un peu "tricher" avec les commissions scolaires pour que notre fils ne soit pas obligé de changer d'école. J'ai senti que j'étais tout à coup un "malfrat" (pour être honnête, j'ai probablement simplement senti que je n'avais pas son approbation et que j’avais de la difficulté à l’accepter aujourd'hui, étant maladivement en besoin d'approbation depuis l’âge de trois ans, surtout celle venant des hommes adultes plus âgés que moi qui occupe la peu enviable place de figure paternelle de remplacement chaque fois que la relation se poursuit sur une longue période ou qu'il exerce une certaine forme d'autorité sur moi qu'elle soit réelle ou imaginée... si vous avez réussit à me suivre jusqu’ici, c'est que vous êtes pas mal bon, fou ou psychologue, ou encore que vous avez eut une meilleure journée que la mienne).
Comble du bonheur, un client s'est pointé en retard et a retourné sa frustration (celle d’avoir perdu du temps qu’il doit tout de même payer, en partie à moi, en partie au boss) contre moi en me demandant maladroitement de justifier pourquoi je ne faisais pas d'effort pour m'aigrir, tout ça pour que je lui donne une réponse attendue, genre, comme, "parce que je suis écoeuré de devoir plaire à tous les bons pensant de cette terre", médecins, spécialistes, politiciens ou vendeurs de médicaments qui ne verront probablement jamais la vie avec mes yeux mais qui seront toujours convaincus de l'importance de traiter cette grosse maladie grave et responsable de tous les maux connus sur cette terre, l’obscène obésité (c'est ce que j'entends quand on parle d'obésité morbide). A quand la chasse aux gros pour faire diminuer le coût de la santé au Québec ?
J’te jure y a des soirs où j'aimerais mieux être un ours polaire... j'me régalerais bien d'une "couple" de truites anorexiques qui m'auraient traité de gros, une fois de trop!

29.11.05

Temps de vivre

  • Il est temps de vivre la vie que tu t'es imaginée.
    [Henry James]

23.11.05

Tristounet

Depuis 2 jours, je me sens fragile. Je suis triste, je pleure sans arrêt et j'ai peur. Pourtant, je ne vois rien présentement qui justifie mon état...

Sauf que ça fait 3 jours que je ne prends plus d'anti-dépresseur, c'est sûrement ça.

À moins que ce ne soit qu'aujourd'hui, c'est la fête de ma mère... qui aurait eue 70 ans.

21.11.05

Nostalgie

  • Les choses se déforment facilement quand on regarde en arrière.
    [Hermann Hesse]
    Dans : Biographie indienne
  • Vous croyez qu’on ne peut rien changer au passé ?
    C’est que vous n’avez pas encore écrit vos mémoires !
    [ Anonyme ]
  • Se souvenir, voilà le premier pas vers comprendre.
    [Arnold Schoenberg]
  • Je suis nostalgique d'une enfance que je n'ai jamais eue.
    [José St-Louis]
    Dans : Autobiographie d'un journal intime

9.11.05

De l'abandon à l'exclusion

Cette nuit, j'ai fais des rêves étranges dont je vous épargne les détails, pour me concentrer sur ce qui m'a le plus troublé : ma famille (ma soeur, mon frère et ma mère, il me semble) me faisait le reproche d'avoir abandonné un de mes enfants quand il était bébé.
C'est seulement une fois seul, à la maison, que je me suis mis à pleurer comme un bébé... comme un bébé abandonné. Je me souviens qu'à mon lever, j'étais ému, j'étais incapable d'en parler vraiment parce que je me sentais plutôt coupable. Coupable d'avoir abandonné un enfant que je n'ai jamais eu (j'ai même essayé, en vain, de me rappeler si j'avais déjà eu un autre enfant non avoué). M-P m'a dit qu'elle pensait que c'était probablement moi l'enfant abandonné. "C'est sûr !" lui ais-je répondus, un peu brutalement, comme si elle avait dit une telle évidence qu'il n'était pas nécessaire de l'avoir dite... ou de me l'avoir rappelée.
C'est moi l'abandonné. Abandonné par mon père quand j'étais bébé, comme s'il l'avait fait volontairement. C'est lui qui devrait se sentir coupable. Parce que je sais, en plus, qu'il a abandonné plusieurs enfants avant nous, de un à trois, personne ne le sait vraiment. Il aurait forcé ma mère à donner (ou vendre, selon ma soeur, mais ça c'est une autre histoire) en adoption ma soeur France (remarqué le prénom, le même que ma première flamme d'adolescent). Je me rends compte seulement maintenant combien je lui en veux, d'avoir abandonné ma grande soeur, puis mon frère en plein complexe d'Oedipe (qu'il n'a jamais règlé), et ma petite soeur (avant même qu'elle naisse), et ma mère en pleine dépression, et moi... seul à devoir supporter tout le monde, sous le poid de l'abandon.
Je me suis toujours senti seul, seul parce que différent, seul à me sentir coupable pour tout ce que j'avais et que les autres n'avaient pas à l'intérieur même de ma famille. J'étais un marginal, parce que contrairement à eux, j'aimais la vie. Je croyais en la vie, tellement que je me contentais de ce qui se présentait devant moi, en m'étonnant toujours d'être ravi alors que tous les autres membres de ma famille criaient à l'injustice ou se lamentaient sur leur sort.
Moi, je me sentais juste coupable de ne pas les rendre aussi serain que je l'étais malgré tout mon mal de vivre. On disait de moi que j'étais trop doux, trop fin, trop compréhensible, trop parfait même... c'est qu'ils n'ont jamais été dans ma tête. Personne n'avait accès à ce que je vivais vraiment intérieurement (sauf Mon Journal), parce que je m'isolais. Je me suis exclu moi-même pour ne pas déranger. Je suis passé de l'abandon à l'exclusion...
Et me revoilà abandonné à nouveau, avec la mort de ma mère. Je me sens à nouveau comme cet enfant abandonné qui ne peut rien y faire. Qui pleure dans son coin, dans un mélange de peine et de culpabilité, parce qu'encore une fois, je ne peux rien faire pour les autres abandonnés. Chacun doit prendre soins de lui-même, je l'ai toujours su, et je crois que j'y suis quand même bien parvenu comparativement à d'autres...
La semaine dernière, je vous parlais de contrer mon schéma d'exclusion en commençant par sortir de mon isolement social. Ça s'est bien passé cette soirée avec ma douce et notre premier bain social dans un souper-conférence sur l'eau... J'y ai même rencontré une psychologue qui allait passer à l'émission de télévision de mon plus proche collègue (que le monde est petit !). Je me suis bien sentis et je suis disposé à recommencer... un peu plus tard !
Disons que je n'abandonne pas le projet de me débarasser sans culpabilisé de ce foutu sentiment d'exclusion... à moins qu'il s'agisse, plus sagement, d'apprendre à vivre, avec et/ou sans lui.

28.10.05

Exclusion

1. Je suis très gêné en société.
2. Je ne sais pas quoi dire dans les réunions sociales.
3. Je ne me sens pas à la hauteur des personnes avec lesquelles j'aimerais me lier d'amitié.
4. J'évite autant que possible les réunions mondaines...
5. Je n'ai pas un beau physique...
6. Je me sens fondamentalement différent des autres.
7. Je suis solitaire.
8. J'ai toujours l'impression de rester en marge du groupe.
9. Ma famille était très différente des autres.
10. Je me sens isolé de la société en général.

Moi, j'obtiens 10/10 à ce petit questionnaire tiré du livre Je réinvente ma vie de Young & Klosko sur les schémas de personnalité. Ça décrit bien le schéma le plus important chez moi: l'Exclusion. Je le traine depuis que je suis petit (oui, j'ai déjà été petit !). Faut dire que ma mère le traînait aussi depuis qu'elle était petite, du temps où elle faisait craquer les bonnes soeurs en faisant semblant d'être possédée du démon. Elle a souvent eut droit à l'eau bénite mais elles n'ont jamais réussit à la faire entrer dans la norme.
Je me suis certainement beaucoup identifié à elle, pour le meilleur (le sens de l'humour) et le pire (le sentiment d'exclusion). Pas étonnant qu'en vivant mon deuil, je sois en train d'identifier ce schéma. J'y travaille en thérapie et dans ma vie de tous les jours. La solution pour amoindrir les mauvais côté de ce schéma : combattre l'isolement social, pratiquer l'affirmation de soi, faire de l'exposition aux situations anxiogènes... toutes des techniques behaviorales-cognitives que je connais très bien. Faut juste que je commence à les appliquer de façon assidue.
OK ! Je commence ce soir en accompagnant ma douce à un souper conférence.
Je vous en reparlerai...

25.10.05

Prière indienne

"À ceux que j'aime… et ceux qui m'aiment"

Quand je ne serai plus là, relâchez-moi,
Laissez-moi partir.
J'ai tellement de choses à faire et à voir.
Ne pleurez pas en pensant à moi,
Soyez reconnaissants pour les belles années.
Je vous ai donné mon amitié.
Vous pouvez seulement deviner
Le bonheur que vous m'avez apporté.
Je vous remercie de l'amour que chacun vous m'avez démontré.
Maintenant, il est temps de voyager seule.
Pour un court moment, vous pouvez avoir de la peine.
La confiance vous apportera réconfort et consolation.
Nous serons séparés pour quelque temps.
Laissez les souvenirs apaiser votre douleur.
Je ne suis pas loin, et la vie continue.

Si vous avez besoin, appelez-moi et je viendrai.
Même si vous ne pouvez me voir ou me toucher, je serai là.
Et si vous écoutez votre cœur, vous éprouverez clairement
La douceur de l'amour que j'apporterai.
Et quand il sera temps pour vous de partir,
Je serai là pour vous accueillir.


N'allez pas sur ma tombe pour pleurer.
Je ne suis pas là, je ne dors pas.
Je suis les mille vents qui soufflent.
Je suis le scintillement des cristaux de neige.
Je suis la lumière qui traverse les champs de blé.
Je suis la douce pluie d'automne.
Je suis l'éveil des oiseaux dans le calme du matin.
Je suis l'étoile qui brille dans la nuit…

La Lune Pleure

La lune pleure et dans son coeur la folie
De reprendre sa vie changer ce pays en oubli
Quand elle s'endort elle rêve encore d'étrangers
Il est trop tard pour la juger
elle est tombée dans le guêpier

Refrain :
Alors elle dit tout va bien
Elle n'a pas peur de s'enfoncer plus loin
Alors elle pleure et dans ses yeux
Une lueur plus brûlante que le feu

Son passé un peu chambardé lui saute au nez
Elle ne peut même plus respirer l'air qu'on lui a donné
Trois jours plus tard elle tient encore son ennui
Elle s'est cachée dedans sa voûte aux parois fatiguées

Refrain

Plus le temps passe plus elle vieillit elle aussi
Sa vie se passe comme un glacier
dont la fonte est précipitée

Refrain (deux fois)

Okoumé (H. Perreault)

Autopsie d’une mère

Ce texte s’adresse à Serge et Colombe (et à tous ceux qui voudraient mieux comprendre la mort de notre mère). Ça m’a pris du temps à l’écrire parce que… un deuil, ça prend du temps. J’ai repris l’autopsie en cherchant dans les dictionnaires médicaux chacun des mots que je ne comprenais pas.

Cause principale du décès (avec définitions) :
Arythmie maligne (cœur qui n’a pas un rythme constant, qui saute des battements et en fait trop à un autre moment) qui peut être associée à l’importante hypertrophie ventriculaire gauche (cœur trop gros) ou associée à l’hypoxémie (manque d’oxygène dans le sang) secondaire à l’œdème pulmonaire (accumulation de liquide dans les tissus des poumons).

Autres constatations (avec définitions) : Obésité (souvent associé aux troubles cardiaques et au diabète, mais quant à moi, le fait de fumer est un facteur encore plus associé à ses problèmes, surtout pulmonaires); Œdème des membres inférieurs (accumulation de liquide dans les tissus des jambes et des pieds, suppose un mauvais fonctionnement des reins et de la vessie et une mauvaise circulation du sang); Cardiomégalie (hypertrophie cardiaque, cœur trop gros, de 540 g, habituellement il devrait être autour de 400 à 450 g); Dilatation du ventricule droit (étiré trop grand et incapable de reprendre sa forme, de se contracter comme il le faudrait, ça ne peut plus faire son travail); Hypertrophie ventriculaire gauche marquée (partie du cœur beaucoup trop gros, ce qui suppose qu’il travaillait trop depuis longtemps, probablement pour compenser pour l’autre ventricule inutilisable); Fibrose myocardique microscopique à la paroi latérale (modification des tissus du myocarde, le muscle qui fait fonctionner le cœur, qui durcissent, ce qui réduit l'élasticité du cœur et son bon fonctionnement); Absence d’Athéromatose coronarienne significative (il n’y avait pas de dépôt de gras dans le cœur lui-même); Athéromatose aortique sévère (mais il y avait beaucoup d’accumulation de gras dans l’aorte, l’artère principale qui amène le sang au cœur); Granulome calcifié d’un ganglion lymphatique hilaire droit (sorte de kyste, de boule dure, sur un ganglion, probablement dans le poumon, au point d’entrée/sortie de la lymphe qui est comme de l’eau salée, si ce point est bloqué par la boule, ça peut expliquer l’accumulation de liquide); Épanchement pleural droit (700 ml de liquide se trouvait dans la plèvre, l’espèce de sac qui contient les organes principaux de la poitrine, probablement autour du poumon droit, sans vouloir faire de mauvais jeu de mots, son poumon pleurait); Congestion pulmonaire modérée (il y avait des sécrétions dans les poumons); Emphysème centro-lobulaire (c'est une maladie des alvéoles pulmonaires, définie par l'augmentation de volume des alvéoles pulmonaires avec destruction de leur paroi élastique, ce qui entraîne l'impossibilité pour elles de se vider complètement, à l'expiration, de l'air qu'elles contiennent); Œdème pulmonaire sévère (accumulation de liquide dans les tissus des poumons, ce qui rend la respiration difficile, ses poumons étaient comme des éponges qui laissaient difficilement passer l’air); Absence d’embolie pulmonaire (mais le liquide ne s’accumulait pas au fond des poumons comme lorsqu’on se noie); Ascite (500 ml de liquide dans l'abdomen, qui peut être là depuis longtemps, ce qui expliquerait ses nombreux maux de ventre qu’elle calmait avec des bouteilles d’eau chaude); Sang péri-rénal gauche d’origine indéterminée (accumulation de sang autour des reins, venait-il des reins ? … ça expliquerait le mal fonctionnement des reins et les douleurs au ventre/dos, comme une ceinture); Nodule thyroïdien hyperplasique bénin gauche (autre kyste ou boule dure, cette fois sur la thyroïde, une glande dans le cou qui est importante dans le traitement de bien des choses hormonales, croissance, cycle menstruel, humeurs, etc.); Absence d’hémorragie cérébrale (pas d’accumulation de sang ou d’éclatement de vaisseaux dans le cerveau); Stéatose et congestion hépatique (infiltration de graisse dans le foie, ce qui le congestionne, l’empêche de bien fonctionner, donc le sucre et le gras sont mal digérés et se retrouvent dans le sang, ça suggère fortement qu’elle était diabétique, depuis longtemps); Cholélithiase (calculs, pierre dans la vésicule biliaire, c’est-à-dire qu’il se fait des dépôts durs dans l’appareil qui envoie un acide dans l’estomac pour la digestion, ça peut aussi expliquer ses maux de ventre et ses problèmes de digestion).


Conclusion personnelle

Tout son système cardio-vasculaire et respiratoire était défectueux : son cœur était épuisé de devoir travailler avec des poumons chargés de liquide, un ventricule trop gros et un autre trop étiré, des artères pleines de cholestérol et de sucre parce que le foie et les reins ne faisaient pas leur travail depuis longtemps. Je pense qu’elle n’a jamais soigné correctement au moins trois maladies chroniques importantes : le diabète, la bronchite asthmatique (tournée en emphysème) et les problèmes cardiaques (elle n’en était probablement pas à ses premières crises cardiaques dans sa vie et son cholestérol ne l’aidait pas).
Plus les problèmes s’aggravaient (je pense surtout au liquide qui s’accumulait un peu partout), plus elle souffrait (maux de ventre intenses). Je pense sincèrement qu’il était trop tard pour faire quelque chose. C’est il y a vingt ans qu’elle aurait dû se soigner de façon régulière et assidue en allant voir le médecin tous les 3 mois et en prenant des médicaments qui l’auraient aidé à décrasser son système et l’entretenir comme il faut.
Pour conclure, je dirais que maman est morte " d’empathie maladive " : à force de se préoccuper et de s’occuper des problèmes de tout le monde (l’univers entier aurait pu compter sur elle si elle n’avait pas été aussi démunie financièrement), elle a oublié l’essentiel… prendre soins d’elle-même.
J’espère que cela vous a éclairé un peu plus sur sa mort. Moi, ça m’a confirmé ce que j’ai pensé d’elle toute sa vie : ce n’est pas seulement dans sa poitrine que son cœur était trop gros !

24.10.05

Comme passent les jours

Les feuilles tombent depuis plus d'un mois déjà et je n'ai pas eu le temps de les regarder avant aujourd'hui. Faut dire que j'ai été très occupé ou plutôt... très préoccupé.
Au début du mois, j'ai finis par rencontrer ma soeur. J'ai pu mettre les choses au clair avec elle, exprimer mes sentiments, lui réitérer mon besoin de me protéger face à elle. Je ne suis pas sûr de ce qu'elle a compris mais elle semble respecter mes limites : elle ne m'a pas recontacté par la suite.
J'ai finis par écrire sur l'autopsie de ma mère comme j'avais dis que je le ferais, et j'ai envoyé tout ça par la poste à ma soeur pour qu'elle le communique à mon frère. Je n'avais pas encore le goût de descendre à Montréal pour règler ça.
Nos démarches pour la maison ce sont poursuivient tout au long du mois. J'avais pas signé autant de papier depuis... je ne sais pas ! Évidemment, ma femme s'occupe de tous les appels (assureurs, notaire, banquiers, déménageurs...). Et moi ? Je regarde les feuilles... et je m'occupe des comptes : je veille à ce que tout balance entre nos entrées et nos sorties, nos dettes et notre crédit. Je prends des décisions par rapport à nos différents abonnements, ce qu'on garde et ce qu'on laisse tomber : cellulaire, cable, internet, hébergement, interurbain, etc. Je commence aussi à songer où vont aller les choses que nous avons et je me prépare à remplir nos premières boîtes. J'essaie de ne pas trop me laisser aller à mon obsessivité : faire une liste sur Excel de tous les documents (livres, textes, revues, etc.) que je possède avant de les mettre en boîte.
Je pense aussi à mes réflexions auto-thérapeutiques, celles qui découlent de mes rencontres avec ma psy : Comment la peur du ridicule me bloque encore dans mon cheminement personnel et professionnel. J'aimerais être moi-même de façon plus constante. Je déteste les petits moments de ma vie où j'ai l'impression de dire des phrases toutes faites; ils sont de plus en plus rare mais me mettent souvent dans un état de malaise et de doute qui dure encore trop longtemps. Je pense que cette peur provoque encore l'évitement de certaines situations qui pourraient m'être profitables. Je pense aussi que tout le malaise que je ressens est responsable de la fluctuation de ma motivation et de mon grand besoin de sommeil. Il m'arrive souvent de me dire "à quoi bon faire telle ou telle chose"... et d'être pris quelques minutes plus tard par une terrible envie de dormir.
Malgré tout, je travaille fort. Mes rapports se multiplient : c'est la fin de la première étape et le moment où les parents réalisent que leurs enfants ont des problèmes d'apprentissage ou de comportements.
Pendant ce temps, ma blonde aux yeux pétillants est en train de mettre les dernières touches à sa première réalisation de vitraux (sans aide d'un prof) : une pièce représentant deux masques de théâtre (choisit spécialement pour notre fils). Elle est vraiment belle pour une première oeuvre. L'étincelle est toujours là; elle semble avoir enfin trouvé un médium d'expression qui lui convient et qui enflamme sa créativité... elle commence même à avoir le goût d'écrire (depuis le temps que je lui en parle !).
Mon gars est heureux : on l'a choisis pour faire partie de l'équipe d'impro de son école après qu'on l'ait remarqué dans son cours. Il va aussi participer à un spectacle de Noel qui s'annonce très amusant avec ses parodies de l'actualité de l'année (Bush, Céline Dion, Jean Charest et Doc Mailloux vont y gouter). Et lui et sa troupe continuent de faire des répétitions (pratique, jeu, écriture, préparation, etc.) en vue de leur prochain spectacle, 2 fois par semaine. Je les trouve très courageux.
Comme vous voyez, la vie continue... et les jours passent comme les feuilles trépassent.
Ça me donne le goût de l'hiver...
Ah! comme la neige va tomber !

29.9.05

Les Rrrrrrrrrrr! du Risque

Rrrrrrrrr ! Ça me donne envie de crier...
Imaginez-vous donc que notre super propriétaire n'est pas d'accord avec notre date de départ. Au téléphone, il nous avait dit, avant qu'on se lance plus à fond dans notre projet, qu'il nous laisserait partir le lendemain matin si on voulait. Et voilà maintenant que sa femme (probablement la vraie propriétaire!) n'est pas d'accord avec notre date de libération (1 janvier 2006); elle insiste pour que nous quittions l'appartement pour le 1 novembre 2005 (trop tôt pour faire notre emprunt et notre RAP pour l'achat) ou le 1 février 2006 (un peu trop tard pour les vendeurs avec qui nous nous étions entendu). Ça fait chie...rrrrrrrrr!
Ce n'est pas vraiment dramatique, au pire nous allons payer un mois à deux endroits différents (dans ce cas là, tout le mois où l'appartement sera vidé servira de lieu pour faire des party avec de la musique ben ben forte...); au mieux, les vendeurs accepteront de rester un mois de plus dans notre maison et nous payeront le loyer. C'est juste frustrant. D'autant plus que ça ne donne pas grand chose aux proprios : ils vont de toute façon vendre l'appartement comme condo. Ils auraient eut tout le mois de janvier pour le rénover. Non, selon eux, personne ne déménage pendant les fêtes ! Je sais, tout le monde a droit à ses idées, tout le monde pense à ses propres besoins (c'est le propre de ce que j'enseigne à mes clients en apprentissage de l'affirmation de soi). Ils n'ont pas besoins de me donner de justifications, c'est leur droit, et en plus, ils sont en position de pouvoir (ils peuvent toujours dire qu'ils nous font une fleur en nous dégageant de nos obligations avant la fin du bail). Nous avons exprimé nos besoins, ils ont mis leurs limites, il reste à nous entendre (et nous serons probablement un peu plus perdant qu'eux).
Je me sens comme n'importe quel enfant à qui on dit qu'il est l'heure d'aller se coucher même s'il est au beau milieu d'une conquête du monde virtuelle... rrrrrrrrr! Faut respirer lentement... pratiquer les Rrrrrrrrr de la colère.
Ce qui me dérange le plus avec cette émotion désagréable mais tout à fait normale, c'est qu'elle provoque les deux autres émotions désagréables : la déprime et la peur. Cela jette un doute sur la faisabilité de nos projets. Le risque est-il trop grand ? Allons nous arriver financièrement ? Allons-nous bien nous entendre avec nos nouveaux voisins ? L'essence restera-t-elle toujours à un coût aussi élevée ? La terre cessera-t-elle de tourner ? Va-t-on être aspiré par une fluctuation spatio-temporelle qui va nous projeter dans un nouvel univers à des années lumières... Je ne sais pas. Ça fait partie du risque.
Et une fois que nos peurs se sont exprimées, elles laissent la place à la déprime. Nous allons devoir rester à Chambly, endurer nos satanés proprios le plus longtemps possible (juste pour les embêter), nous n'aurons pas d'autre chance d'avoir une maison, ça donne rien d'essayer d'améliorer notre sort, le monde c'est d'la marde, la la la la... (comme chante François Pérusse).
C'est ce qui se passe avec la peur et la déprime, elles nous entraînent vers deux impossibilités : contrôler notre futur et changer notre passé. La colère est beaucoup plus constructives car elle est soudée dans le présent. On peut rester branché dans nos tripes et décider de faire quelques choses avec cette énergie. C'est ce que nous faisons. Nous cherchons à mettre en place différents ajustements qui font partie de la solution de notre problème (la colère vient toujours d'un problème) : ma femme s'implique dans les démarches concrètes (coups de téléphones sur la tête de nos proprios... excusez-moi ce fantasme !) alors que moi... j'écris mes tourments intérieurs ! Après tout, c'est à ça que ça sert un blog sur la Purgation.

27.9.05

Le cordonnier

Vous connaissez l'expression au sujet du plus mal chaussé. J'me sens comme ça en tant que psy, comme si un psy ne pouvait ou ne devait jamais avoir besoin d'aide. Pourtant, j'en ai eu besoin et maintenant j'en ai encore envie.
Vous auriez dû me voir à essayer de choisir un psy. Qui allait pouvoir m'aider ? Il fallait quelqu'un qui me surprène un peu, donc pas question de faire affaire avec un comportementaliste. J'ai donc opté pour une analytique (approche psychanalytique sans les tics d'une véritable psychanalyse). Encore mieux, je voulais trouver quelqu'un qui utilise plusieurs méthodes. J'ai trouvé un bon mixage : humaniste-analytique. Et entre un homme et une femme, j'ai choisis... une femme, bien entendue (comme la plupart des hommes qui ont besoins de se faire materner mais qui se tronpent la plupart du temps parce qu'une bonne psy ne joue pas vraiment à la mère). En réalité, elle était la seule de cette approche mixte, dans ma région et dont le nombre d'années d'expérience me convenait. Je ne voulais pas d'une vieille psy, probablement de peur qu'elle ne comprène pas mon style de vie ou qu'elle me serve des recettes de grand-mère. J'vous le dis, il n'y a qu'un psy pour avoir autant de préjugés sur les psys. Je ne voulais pas d'une psy aux couches non plus, de peur d'être obligé de la superviser. J'ai finalement trouvé la perle rare : moins d'années d'expérience que moi mais assez pour me surprendre avec des approches plus modernes (notamment la désensibilisation par le mouvement des yeux).
Donc, je l'avoue, je suis en psychothérapie... assis dans l'autre chaise (la plus inconfortable !). Que diraient mes propres clients s'ils s'en rendaient compte ? "Comment peut-il m'aider s'il ne peut pas s'aider lui-même ? Comment j'peux lui faire confiance si lui même est instable ?" Pire : que diraient-ils s'ils savaient que je prends des anti-dépresseurs depuis la fin du mois de Mai ? Je m'en suis fais des scénarios concernant leurs réactions, mais maintenant j'arrête de m'en faire et je me dis qu'ils devraient seulement se dire : "Il est humain ! Il nous montre l'exemple. Et en plus, il teste lui-même les produits !"
Maintenant je me sens comme un cordonnier qui a compris qu'il devait mettre son talent à se faire de belles chaussures, assez confortable pour qu'il puisse continuer à réparer celles des autres. Je m'occupe de moi, je me suis donné plus de congés et j'ai modifié mon horaire pour voir moins de monde à la fois. Je travaille sur le dueuil de ma mère qui m'a fait sombrer. Je me suis éloigné de ma soeur qui en sombrant elle-même m'entraînait au fond du gouffre (deux vaisseaux qui coulent en même temps ne sont d'aucune utilité l'un pour l'autre). Maintenant, je me concentre sur mes projets d'avenir et j'essaie de gérer mon présent et ce qu'il me fait vivre comme stress... celui des démarches qui concrétisent les rêves !

11.9.05

Hommage aux Héros

I can’t stand to fly
I’m not that naive
I’m just out to find
The better part of me

I’m more than a bird… I’m more than a plane
More than some pretty face beside a train
It’s not easy to be me

Wish that I could cry
Fall upon my knees
Find a way to lie
About a home I’ll never see

It may sound absurd…but don’t be naive
Even Heroes have the right to bleed
I may be disturbed…but won’t you concede
Even Heroes have the right to dream
It’s not easy to be me

Up, up and away…away from me
It’s all right…You can all sleep sound tonight
I’m not crazy…or anything…

I can’t stand to fly
I’m not that naive
Men weren’t meant to ride
With clouds between their knees

I’m only a man in a silly red sheet
Digging for kryptonite on this one way street
Only a man in a funny red sheet
Looking for special things inside of me

It’s not easy to be me
.
Superman (It's Not Easy)
Five For Fighting (2002)


*****

En ce jour de deuil mondial, ce sont les héros du 911 qui occupent mes pensées et cette chanson leur sera toujours associée. Parce que dans mon coeur d'enfant, les pompiers étaient déjà des héros avant même que je connaisse Superman. Et parce que j'ai particulièrement aimé le gala Juste pour rire animé par Patrick Huard en 2002 où Daniel Boucher a chanté une version française de ce Superman en hommage aux pompiers morts le 11 septembre 2001. Je n'ai pas besoin d'en dire plus pour être ému... et vous ?


9.9.05

Quand ça bouge !

Les choses bouges, tranquilevite... Avez-vous déjà vécu cette impression que les choses avancent vite et tranquilement en même temps ?
J'ai enfin téléphoné ma soeur et... chanceux, je suis tombé sur le répondeur. Elle n'a rien compris à mon message et elle m'a rappeler le soir même. Mais j'étais au travail. Nous allons nous reparler en FDS... probablement. Nous avons signé les papiers ce soir pour l'acceptation de l'offre, nous avons r-v lundi avec un agent financier, M-P est dans le magasinage de l'inspecteur en bâtiment et des déménageurs. Nous commençons à penser à l'empaquetage (c'est moi qui s'y colle d'habitude; ça fait 5 ans depuis la dernière fois; dire que je vidais une dernière boite de ce déménagement -- dont certains se souviendront avec effroie -- il y a quelques semaines à peine en faisant une mélancolie ménagère). Au début de l'été, j'avais pris un r-v pour me renseigner sur les vasectomies sans bistouri (une vieille technique asiatique fortement recommandée par mon médecin vietnamien), l'opération a eu lieu à la fin du mois d'août et le lendemain je me sentais déjà bien. Mon fils est entré dans sa nouvelle école du Mont St-Bruno (oui le sec IV et V ne se donne pas à Chambly), il adore déjà plusieurs profs, s'intéresse à son cours d'histoires où ils parlent des patriotes (c'est mon fils !) et les cours de théâtre semblent être une spécialité de son école, ils vont même faire un voyage-échange avec des étudiants de Belgique (c'est drôle parce que, justement, il ramassait ses sous depuis le printemps pour faire un voyage en Belgique l'année prochaine avec sa grand-mère chez sa tante)... Et je me rends compte aujourd'hui que mon sac de caméra est resté tel que je l'avais déposé en revenant de voyage en début août, sur une petite table de salon, avec d'autres trucs que nous n'avons pas encore rangé. Nous n'avons pas encore regardé nos photos et films de la Malbaie. Il y a encore des morceaux de costume de spectacle qui trainent par terre dans la chambre de mon gars (son show était le 11 juillet). Nous avons hérité d'un établi que j'ai établi (petit jeux de mots; Mongrain sort de ce corps!) dans le bureau qui a maintenant son vrai coin atelier. M-P essaie de s'y instaler mais je la taquine en glissant des papiers dans ses porte-plaques-de-verre...
C'est fou comme les choses avancent parfois... Tout ça en un seul été. Et je suis sûr que j'en oublie.
Bonne rentrée !

8.9.05

Notre jumelle sportive

Wow ! Notre offre est acceptée... Nous avons notre jumelle sportive. Finis le mauvais stress. Il ne reste que le bon stress: celui des démarches qui concrétisent les rêves (ma femme va s'en rappeler de cette expression quand va venir le temps de les faires ces foutues démarches; savez-vous combien j'aime les démarches?). Nous signons les papiers demains, passons à la banque probablement Lundi... Zut, j'ai oublié qu'elle n'était pas encore à nous, faut passer au crédit (question de formalité: nous avons été préapprouvé). Nous passerons au notaire en décembre pour emménager en janvier... wow, ça va vite... J'ai bien hâte !

Pourquoi lui avoir donné ce nom ? Parce c'est une semi-détachée (une jumelée, une jumelle quoi !). Et parce qu'elle va nous faire marcher: les chambres sont en haut et la laveuse est au sous-sol. Par chance le terrain est petit: avec moins de gazons à tondre.

*****
Description

Marieville, Montérégie. Genre: Maison à étages. Type : Jumelé. Nombre de pièces : 12 . Chambres : 3. Salles de bain : 2. Salle d'eau : 1. Chauffe-eau : 1. Dimensions du terrain : 3120 PC. Terrain : 30x104. Batisse : 20x30. Petit bijou ! Construction 2004, près aut. 10, 1/2 H. de Montréal (si on roule en fou !) ou de Granby (c'est un peu plus réaliste). 2 grandes chambres à l'étage, superbes armoires de cuisine en pin teint, ogée (c'est quoi ça ?) au plafond, boiseries, céramique au plancher ainsi qu'au dosseret (c'est quoi ça aussi ?) de la cuisine, grande salle de bain avec bain podium et lumières thérapeutiques, douche en coin avec installation de douche téléphonique haut de gamme. Le sous-sol est complètement aménagé avec armoires de cuisine, salle de bain avec douche et laveuse/sècheuse. Très grand patio en bois à l'arrière: 12 x 12. Décoration de bon goût.

Encore l'attente

J'attends toujours avec anxiété... et dire que je conseille les gens sur comment la gérer. J'attends des nouvelles de notre jumelle sportive et j'attends d'être prêt pour renouer contact avec ma soeur. Mon rapport attend toujours, j'en ai fais une partie hier au bureau, sur mon portable, entre deux clients... mais ma tête n'y est pas. Je stresse aussi pour un court périple à Ottawa que mon collègue m'a demandé de faire. Je suis supposé aller aider à règler un conflit entre deux travailleurs. Ce sont des francophones; le bog, c'est qu'ils sont sourd-muet et parle le langage des signes. J'aurai un interprête. Mon stress (celui que j'ai toujours devant une nouvelle expérience) me pousse à faire des blagues avec ça (c'est mon anti-stress préféré): je me demande comment ils vont réagir quand je vais leur parler de l'importance du non-verbal dans la communication.

Colombe en acrostiche


Colombe et ses œuvres, Colombe et ses émois

Ombre noire sur ses toiles, sombre étoile dans la voix

Lune, d'ailes d'ange, comme l'une d'elles change

Ondes intenses, bouillant mélange

Mère attentionnée, entre rêve et réalité

Berceau où règles et jeux se font peser

Et par l'amour sont fusionnés


*****

Petit poême que j'ai écrit pour ma soeur il y a déjà quelques années.
Serait-ce que je commence à m'ennuyer d'elle ?
J'espère être capable de lui téléphoner bientôt. Aujourd'hui ou... avant sa fête.

5.9.05

L'attente

Voilà, notre offre est lancée.
Je croise les doigts.
Mais l'attente est ... insuportable.

Il faut tout de même attendre.

Alors j'attends.
Mais en attendant, faut pas s'attendre à ce que je sois capable de penser à autre chose.
Mes rapports en attente devront attendre tant que l'attente ne sera pas terminée.
Il n'est pas tentant de tenter de les terminer tant que la tentation entêtée perdure d'attendre que le temps s'étende jusqu'à l'entente tentante qu'on s'attend... on s'entend.

3.9.05

Remise des médailles

- Bronze : la piscine enterrée
- Argent : la claustrophobe
- Or : la jumelle sportive

La grande gagnante est une belle petite maison jumelée, sur trois planchers (d'où le qualificatif de la sportive), où il sera possible d'aménager un petit bureau pour moi et un atelier pour M-P, en plus de faire plaisir à mon fils en se rapprochant d'une de ses meilleures amies.
"C'est trop beau pour être vrai !" Je déteste cette petite phrase intérieure qui vient jeter un doute sur la possibilité que nos projets se réalisent aussi rapidement ou aussi facilement. Comme si je n'avais pas le droit d'être heureux sans souffrir un bon coup avant. Comme si, il suffisait de penser que se serait merveilleux que notre offre soit acceptée pour que celle-ci ne le soit pas. Ou comme si de toutes façons, si l'offre est acceptée comme je le souhaite, tout va tourner de travers par la suite. J'ai peur que St-Pie se répète. J'avais tellement souhaité avoir cette maison (j'avais même prié en promettant différentes choses au Bon Dieu), et je l'avais eu (ça marche les prières!). Mais le pot avait suivit les fleurs et nous avions dû tout abandonner et recommencer à zéro. Donc, cette fois, je ne ferai pas de prière; je vais juste souhaiter que nous réussissions à faire ce qu'il faut pour réaliser nos projets.
Si ce n'est pas celle-là, on en trouvera bien une autre. Notre médaille d'argent n'est pas mal du tout après tout. Par contre, j'espère voir d'autres médaillées de bronze car "la piscine enterrée", bien qu'elle réponde à nos besoins, nous demanderait un peu plus de bricolage, de pelles et d'huile de bras.

1.9.05

Projets

Je n'arrive pas à me décider de téléphoner à ma soeur. Je commence à avoir envie d'avoir de ses nouvelles, mais je ne pose pas le geste de lui téléphoner. Si elle m'appelait, je pense que je lui parlerais sans problème... sans malaise mais sans véritable plaisir non plus. Je préfère attendre d'en avoir le goût.
Présentement, j'ai trop envie de me consacrer à mes projets, à nos projets familiaux. Et mes projets occupent le plus gros de mes temps libres. Nous avons décidé d'acheter une maison. On s'était dit qu'on ne s'y reprendrait plus depuis nos problèmes de toiture percée de 1993. Mais voilà que nous avons envie d'être chez nous, de nous bâtir un petit nid nous permettant d'être heureux et de réaliser chacun l'un de nos rêves. Moi, j'espère avoir une maison qui me permettrait d'exercer à la maison une partie de mon temps. Ça me rapporterait un peu plus, surtout si j'ai moins de route à faire (avec le prix du pétrole) et si je vise la clientèle d'une région différente de mon bureau actuel. Psychologiquement aussi, j'aurais probablement l'impression de mieux m'affirmer, de m'individualiser, de me réaliser professionnellement... enfin, je l'espère. Quant à ma femme, elle aimerait avoir un petit atelier pour se consacrer au travail du verre et à la pyrogravure. Depuis plus d'un an, elle actualise davantage ses goûts artistiques, elle n'avait besoin que de suivre un atelier de vitrail lors de notre voyage dans Charlevoix pour attraper réellement la piqure. Je suis en train de lui instaler un atelier dans notre petit bureau, vous devriez voir le trouble que ça nous donne à réaménager l'appartement au complet. Mais cela vaut largement les étoiles qu'elle a dans les yeux depuis quelques semaines.
Nous sommes donc à la recherche d'une maison multi-fonctionnelle mais avec un petit budget pour le marché actuel (150 000 $). C'est pas facile. Surtout sur le plan émotif. J'ai de la difficulté à vivre le yoyo émotionnel que nos multiples visites provoquent. Je m'attache à une maison mais mon fils a un mauvais feeling, ma femme en aime bien une mais c'est impossible d'y faire un bureau, mon fils a un coup de foudre pour une autre mais elle est au-dessus de nos moyens.
Mais on essai de le faire en s'amusant. On les baptise toutes d'un nom de code qui les décrivent bien : la claustrophobe (petite et coincée entre deux grosses), la légère infiltration (oui, à ce prix là les inondations viennent avec), la voie ferrée (vous devinez le problème), le silo à grain (vous devinez aussi le problème), celle aux racoins (j'ai faillis m'assomer une ou deux fois entre une ou trois portes; genre où il est impossible d'en ouvrir une sans en fermer une autre; ou deux personnes ne peuvent pas circuler en même temps... et ça n'a rien à voir avec mon gabari !) et la piscine enterrée (oui, quelqu'un a enterré sa piscine creuser avant de se décider à mettre sa maison en vente.). On ne s'ennuie pas finalement !
On va finir par trouver la perle rare. Bien sûr, elle n'aura probablement pas tout ce qu'on voulait à l'origine, mais ça ne fait rien. Plus on en visite, plus nos critères deviennent flexibles et plus cela ressemble à quelque chose comme: un petit nid douillet qui ressemble le moins possible à celle de St-Pie (notre désastre de 1993). En autant que ce soit mieux ou égal à ce qu'on a avec notre appartement, on sera gagnant !

16.8.05

Évitement

Je pense que j'évite de penser à ma mère, à sa mort, à ma soeur, à mon frère... à leur vie. J'évite sans me forcer, c'est si facile de le faire. Toutes les raisons sont bonnes : je travaille, j'ai trop de travail, je suis inquiet parce que je n'ai pas assez de travail, je suis trop fatigué, j'ai le droit de me reposer après tout, je suis en vacance, j'ai aussi un adolescent qui me préoccupe, j'ai plein de projets personnels, un site à mettre à jour, un roman à écrire, du ménage à faire, j'voudrais apprendre la guitare, faire de l'exercice, soigner mes maux de dos, jouer au badminton, voir mes bons amis... et j'en oublie!
Pourtant, je ne fais pas toutes ces belles choses que je voulais faire, à part une ou deux. Mais je pense toujours à quelque chose qui n'implique pas ma famille, ni les morts, ni les vivants.
En fait, je ne sais pas trop comment je me sens. J'ai l'impression que je dois abordé certaines situations qui ne peuvent pas attendre plus longtemps.
Je pense à ma soeur. Je lui ai écris une lettre lui expliquant que je voulais prendre une distance avec elle. Ça fait déjè longtemps il me semble. Et je pense à mon frère à qui j'avais dit que je lui donnerais mes commentaires sur l'autopsie de ma mère... les papiers trainent quelque part sur une tablette. Je devais aussi rapporter à ma cousine un livre racontant l'histoire de sa famille que ma mère avait emprunté un peu avant sa mort. Il traine encore sur mon buffet, le fourre-tout atitré de la maison.
Je fuis... En fait, peut être que je m'isole simplement pour me rassurer, pour reprendre des forces, pour me dorloter... car en réalité, je suis bien chez-moi, avec ma femme, avec mon gars, avec mon ordi, mon lit ou mon fauteuil.
Mes vacances ne sont pas encore terminées. J'peux bien en profiter!
Je vais aller me coucher... parce que je suis fatigué! À cette heure on ne peut plus parler d'évitement.

24.6.05

Je me souviens

Je ne me souviens pas de l'année. Probablement entre 76 et 80, après la prise du pouvoir du PQ et avant le référendum, au beau milieu de mon adolescence.
Les préparatifs de la St-Jean allait bon train sur la rue Des Érables, à Montréal. C'était probablement un 23 ou un 24 juin, le matin, et deux bénévoles étaient entrain d'accrocher à notre balustrade une superbe banderole de petit drapeau du Québec, qui de notre balcon du deuxième étage jusqu'à celui de notre voisin d'en face, allait faire un arche inversé au-dessus de la rue. La rue était déjà décorée du coin Rachel et allait l'être jusqu'à Marie-Anne. Nous étions tous heureux de participer à la fête, nous étions même fière d'être de ceux qui avait l'honneur de porter les couleurs du Québec (nous étions simplement chanceux, une maison sur deux portaient des banderoles).
Soudain, sans prévenir, les bénévoles durent faire face à une attaque carabinée (armée d'un balais) d'une vieille sorcière qui criait à tue tête, rouge de colère, des sons incompréhensibles, en postillonant vers eux. Surpris (désagréablement surpris), ils hésitèrent avant de descendre nos marches de peur de se mettre dans la trajectoire des postillons ou dans le rayon d'action du balais furieux. Ils prirent un temps fou à comprendre que notre vieille fille de charmante propriétaire leur interdissait d'accrocher une banderole à sa maison. Une foule composée de voisins et autres bénévoles éberlués s'était déjà rassemblée sur le trotoir ou dans la rue, à bonne distance des projectiles, lorsqu'un responsable de la fête arriva comme négociateur pour dénouer l'impasse. Finalement, après un dialogue de sourd, nous le devenions tous quand la proprio criait, c'est la banderole qui fut dénouée, malgré les protestations de toute une rue.
Nous nous retrouvames donc avec une rue drolement décorée : une banderole à toutes les deux maisons, l'absence de banderole pour quatre maison, puis l'alternance aux deux maisons qui se poursuit jusqu'au bout de la rue. Nous faisions tache au milieu de la fête. Nous devenions différents des autres mais d'une différence que nous ne voulions pas vivre. Nous avions tous le coeur à la fête, le gout d'exprimer notre vraie différence, d'affirmer notre identitée. Nous sommes Québécois...
Ma mère décida une fois de plus de braver l'interdit. Je n'ai jamais su si c'était juste pour faire plaisir à ses enfants, ou pour affirmer son patriotisme, ou pour le simple plaisir de braver l'interdit. Peu importe pourquoi, elle règla le problème d'une drole de façon. Pour pas que nous soyons la maison différente des autres (celle qui manque une banderole), elle en fit celle qui était différente des autres (avec une banderole unique en ce monde).
Quant à être différent, aussi bien choisir sa différence!
Nous avons passer la matinée à découper des bandes de tissu de toutes sortes (jeans finis, draps déchirés, vieilles robes démodées depuis cent ans) pour composer en les nouant bout à bout la corde de notre nouvelle banderole. Des triangles et des fleurs de lys improvisées furent découpé et attacher à notre corde pour mettre la touche finale à la plus belle banderole de la rue (seulement selon ma mère, je pense, du moins c'est ce qu'elle nous disait).
Évidemment, le début d'après-midi fut couronné par une sortie en règle de la sorcière mal-aimée mais celle-ci s'époumona pour rien. Les organisateurs de la fête ne pouvaient (ou ne voulaient) rien faire contre nous, et nous n'avions pas l'habitude d'obéir à notre propriétaire. Elle n'osa jamais sortir de sa cour et monter notre grand escalier pour décrocher elle-même la banderole, trop effrayée par mon grand frère aux cheveux longs et à la cigarette au bec qui veillait sur notre trésor national avec un petit sourire malicieux.
On ne la revit pas de la journée, ni de la soirée, ni de la nuit... Parce qu'en ce soir de fête, mon frère avait décidé de transformer notre balcon en discothèque. Lui et ses amis avaient instalé leurs plus grosses colonnes de son pour faire jouer tous les hits de l'époque. Il s'y connaissait en musique, si bien que notre partie de la rue, juste devant la porte de la propriétaire, devint noire de monde. La circulation routière avait été bloquée pour la journée. La fête officielle se déroulaient près du coin de Rachel alors que nous étions plus près de Marie-Anne. Ce soir là, il y eut deux sites pour le prix d'un. Et celui de mon frère se termina plus tard que l'autre, au grand dam de la sorcière.
C'est comme ça, et de bien d'autres façons encore, que ma mère m'a donné le goût d'affirmer ma fiertée d'être québécois... à moins que ce soit le goût d'affirmer mon droit d'être différent et de choisir ma différence.

6.6.05

Mélancolie ménagère

Faute d'un ménage dans ma vie, j'ai fais le ménage de ma chambre. J'y ai trouvé des factures de l'été dernier, des vêtements qui ne me font plus depuis plus d'un an, des livres que je croyais avoir perdu, des sous égarés (on se demande toujours où va notre argent), et des papiers mouchoirs dont j'ai oublié l'usage..
J'ai remis mes vieux toutous en place. Eh Oui... J'ai encore mon toutou de bébé, mon objet transitionnel. Il est en pluche, rugueux, l'air un peu miteux, d'un jaune ocre pas très net, avec une patte avant qui a perdu son rembourage et le fil de sa bouche qui pendouille... Mais c'est mon toutou. Il me rapelle comment le temps passe. Il a 40 ans déjà.
À côté de lui, il y a toutou George et toutou Georgette, les objets transitionnels de mon fils. Il sont tellement vieux pour lui qu'il ne les veut même plus dans sa chambre. C'est beau l'adolescence. Je les ai récupéré, peut-être parce que je ne voulais pas me détacher de son enfance... objet transitionnel j'vous dis!
C'est drôle, George et Georgette me rappelle ma mère et ses comportements étranges. C'est elle qui avait apporté Georgette, un toutou exactement identique au toutou George (unique) de mon fils, qui ne le quittait pas d'une semelle. À l'époque, je m'étais un peu fâché intérieurement, je pensais qu'elle faisait exprêt pour briser la relation exclusive que mon fils entretenait avec son toutou George (elle ne connaissait vraiment pas les problèmes de triangulation relationnelle). Je lui ai pardonné depuis.

"Une histoire d'amour, ça ne peut pas ce terminer en un seul jour... la la la ..."

Est-ce que vous vous souvenez de la musique de Love Story ? Je l'ai réécouté en faisant mon ménage. J'avais oublié ce petit coffre où je range les bijoux de ma femme. Vous savez, les petites boites à musique, avec un petit mécanisme qu'on remonte. Un petit rouleau qui tourne et qui fait tinter de petites lames de métal. Comme un piano mécanique.
J'avais oublié cette sonorité toute douce et crystaline. Et la façon dont la mélodie ralenti au fur et à mesure que le mécanisme se rapproche du moment où il devra être remonté. Et cette note finale qui reste en suspend...
J'avais oublié cette belle mélancolie.
J'avais oublié que cette boîte venait de ma mère.

J'ai redécouvert l'usage des papiers mouchoirs.

5.6.05

Espérer

Si tu es différent de tous ceux qui s'accrochent aux tarots, au bon dieu
L'horizon n'est pas loin, tu en verras la fin
Tu iras mieux
Si le monde ne va pas où tu vas

Si la vie n'est pas celle que tu crois
Si nulle part où aller, si personne à aimer que la nuit devant toi

Espérer, parce que la terre est belle
Quand une étoile s'éteint, elle n'éteint pas le ciel
Espérer, et encore et encore
A fatiguer la mort, à la faire hésiter

Si les hommes te font peur, te font taire
Parce qu'ils aiment juste l'amour à faire
Même si rien n'est normal, même si tout est fatal
C'est la vie, c'est l'enfer

Espérer, parce que ça vaut la peine
C'est pas toujours la haine, c'est aussi de l'amour
Espérer, parce que tu es en vie
Même si t'as pas choisi, ni l'endroit, ni le jour

Espérer, parce que la terre est belle
Quand une étoile s'éteint, elle n'éteint pas le ciel
Espérer, espère avec ton coeur
La réponse est en toi, la question est ailleurs
Espérer
Espérer


Paroles : Michel Sardou
Musique : Michel Sardou et Davy Sardou
Année : 2004
Chanson disponible sur l'album : Du plaisir

4.6.05

Purge manquée

Page blanche. Tout à coup je suis bouche-bée et doigts ballants.
Je n'ai pas le goût de gâcher un si beau parchemin. Par des mots trop simples ou inutiles. Par des phrases qui ne veulent rien dire. Par des images qui ne me ressembleraient pas assez. Car je voudrais y mettre du miens. Mais en même temps, je n'ai pas le goût de me livrer, de jeter mon âme sur papier, d'éttendre ma vie sur écran géant... Ou bien ais-je envie ? N'est-ce pas le but de l'exercice? N'est-ce pas mon rêve avoué depuis toujours. Écrire.
Je pensais vraiment que ça serait facile. J'avais dans l'idée de m'ouvrir sur mes blessures intérieures, sur mon deuil, sur le grand ménage que je pense devoir faire dans ma vie. Mais comme il a fallu beaucoup de temps pour créer ce blog, l'inspiration s'est dissipée.
La grande purge sera pour un autre jour. Préparez vos mouchoirs !