28.10.05

Exclusion

1. Je suis très gêné en société.
2. Je ne sais pas quoi dire dans les réunions sociales.
3. Je ne me sens pas à la hauteur des personnes avec lesquelles j'aimerais me lier d'amitié.
4. J'évite autant que possible les réunions mondaines...
5. Je n'ai pas un beau physique...
6. Je me sens fondamentalement différent des autres.
7. Je suis solitaire.
8. J'ai toujours l'impression de rester en marge du groupe.
9. Ma famille était très différente des autres.
10. Je me sens isolé de la société en général.

Moi, j'obtiens 10/10 à ce petit questionnaire tiré du livre Je réinvente ma vie de Young & Klosko sur les schémas de personnalité. Ça décrit bien le schéma le plus important chez moi: l'Exclusion. Je le traine depuis que je suis petit (oui, j'ai déjà été petit !). Faut dire que ma mère le traînait aussi depuis qu'elle était petite, du temps où elle faisait craquer les bonnes soeurs en faisant semblant d'être possédée du démon. Elle a souvent eut droit à l'eau bénite mais elles n'ont jamais réussit à la faire entrer dans la norme.
Je me suis certainement beaucoup identifié à elle, pour le meilleur (le sens de l'humour) et le pire (le sentiment d'exclusion). Pas étonnant qu'en vivant mon deuil, je sois en train d'identifier ce schéma. J'y travaille en thérapie et dans ma vie de tous les jours. La solution pour amoindrir les mauvais côté de ce schéma : combattre l'isolement social, pratiquer l'affirmation de soi, faire de l'exposition aux situations anxiogènes... toutes des techniques behaviorales-cognitives que je connais très bien. Faut juste que je commence à les appliquer de façon assidue.
OK ! Je commence ce soir en accompagnant ma douce à un souper conférence.
Je vous en reparlerai...

25.10.05

Prière indienne

"À ceux que j'aime… et ceux qui m'aiment"

Quand je ne serai plus là, relâchez-moi,
Laissez-moi partir.
J'ai tellement de choses à faire et à voir.
Ne pleurez pas en pensant à moi,
Soyez reconnaissants pour les belles années.
Je vous ai donné mon amitié.
Vous pouvez seulement deviner
Le bonheur que vous m'avez apporté.
Je vous remercie de l'amour que chacun vous m'avez démontré.
Maintenant, il est temps de voyager seule.
Pour un court moment, vous pouvez avoir de la peine.
La confiance vous apportera réconfort et consolation.
Nous serons séparés pour quelque temps.
Laissez les souvenirs apaiser votre douleur.
Je ne suis pas loin, et la vie continue.

Si vous avez besoin, appelez-moi et je viendrai.
Même si vous ne pouvez me voir ou me toucher, je serai là.
Et si vous écoutez votre cœur, vous éprouverez clairement
La douceur de l'amour que j'apporterai.
Et quand il sera temps pour vous de partir,
Je serai là pour vous accueillir.


N'allez pas sur ma tombe pour pleurer.
Je ne suis pas là, je ne dors pas.
Je suis les mille vents qui soufflent.
Je suis le scintillement des cristaux de neige.
Je suis la lumière qui traverse les champs de blé.
Je suis la douce pluie d'automne.
Je suis l'éveil des oiseaux dans le calme du matin.
Je suis l'étoile qui brille dans la nuit…

La Lune Pleure

La lune pleure et dans son coeur la folie
De reprendre sa vie changer ce pays en oubli
Quand elle s'endort elle rêve encore d'étrangers
Il est trop tard pour la juger
elle est tombée dans le guêpier

Refrain :
Alors elle dit tout va bien
Elle n'a pas peur de s'enfoncer plus loin
Alors elle pleure et dans ses yeux
Une lueur plus brûlante que le feu

Son passé un peu chambardé lui saute au nez
Elle ne peut même plus respirer l'air qu'on lui a donné
Trois jours plus tard elle tient encore son ennui
Elle s'est cachée dedans sa voûte aux parois fatiguées

Refrain

Plus le temps passe plus elle vieillit elle aussi
Sa vie se passe comme un glacier
dont la fonte est précipitée

Refrain (deux fois)

Okoumé (H. Perreault)

Autopsie d’une mère

Ce texte s’adresse à Serge et Colombe (et à tous ceux qui voudraient mieux comprendre la mort de notre mère). Ça m’a pris du temps à l’écrire parce que… un deuil, ça prend du temps. J’ai repris l’autopsie en cherchant dans les dictionnaires médicaux chacun des mots que je ne comprenais pas.

Cause principale du décès (avec définitions) :
Arythmie maligne (cœur qui n’a pas un rythme constant, qui saute des battements et en fait trop à un autre moment) qui peut être associée à l’importante hypertrophie ventriculaire gauche (cœur trop gros) ou associée à l’hypoxémie (manque d’oxygène dans le sang) secondaire à l’œdème pulmonaire (accumulation de liquide dans les tissus des poumons).

Autres constatations (avec définitions) : Obésité (souvent associé aux troubles cardiaques et au diabète, mais quant à moi, le fait de fumer est un facteur encore plus associé à ses problèmes, surtout pulmonaires); Œdème des membres inférieurs (accumulation de liquide dans les tissus des jambes et des pieds, suppose un mauvais fonctionnement des reins et de la vessie et une mauvaise circulation du sang); Cardiomégalie (hypertrophie cardiaque, cœur trop gros, de 540 g, habituellement il devrait être autour de 400 à 450 g); Dilatation du ventricule droit (étiré trop grand et incapable de reprendre sa forme, de se contracter comme il le faudrait, ça ne peut plus faire son travail); Hypertrophie ventriculaire gauche marquée (partie du cœur beaucoup trop gros, ce qui suppose qu’il travaillait trop depuis longtemps, probablement pour compenser pour l’autre ventricule inutilisable); Fibrose myocardique microscopique à la paroi latérale (modification des tissus du myocarde, le muscle qui fait fonctionner le cœur, qui durcissent, ce qui réduit l'élasticité du cœur et son bon fonctionnement); Absence d’Athéromatose coronarienne significative (il n’y avait pas de dépôt de gras dans le cœur lui-même); Athéromatose aortique sévère (mais il y avait beaucoup d’accumulation de gras dans l’aorte, l’artère principale qui amène le sang au cœur); Granulome calcifié d’un ganglion lymphatique hilaire droit (sorte de kyste, de boule dure, sur un ganglion, probablement dans le poumon, au point d’entrée/sortie de la lymphe qui est comme de l’eau salée, si ce point est bloqué par la boule, ça peut expliquer l’accumulation de liquide); Épanchement pleural droit (700 ml de liquide se trouvait dans la plèvre, l’espèce de sac qui contient les organes principaux de la poitrine, probablement autour du poumon droit, sans vouloir faire de mauvais jeu de mots, son poumon pleurait); Congestion pulmonaire modérée (il y avait des sécrétions dans les poumons); Emphysème centro-lobulaire (c'est une maladie des alvéoles pulmonaires, définie par l'augmentation de volume des alvéoles pulmonaires avec destruction de leur paroi élastique, ce qui entraîne l'impossibilité pour elles de se vider complètement, à l'expiration, de l'air qu'elles contiennent); Œdème pulmonaire sévère (accumulation de liquide dans les tissus des poumons, ce qui rend la respiration difficile, ses poumons étaient comme des éponges qui laissaient difficilement passer l’air); Absence d’embolie pulmonaire (mais le liquide ne s’accumulait pas au fond des poumons comme lorsqu’on se noie); Ascite (500 ml de liquide dans l'abdomen, qui peut être là depuis longtemps, ce qui expliquerait ses nombreux maux de ventre qu’elle calmait avec des bouteilles d’eau chaude); Sang péri-rénal gauche d’origine indéterminée (accumulation de sang autour des reins, venait-il des reins ? … ça expliquerait le mal fonctionnement des reins et les douleurs au ventre/dos, comme une ceinture); Nodule thyroïdien hyperplasique bénin gauche (autre kyste ou boule dure, cette fois sur la thyroïde, une glande dans le cou qui est importante dans le traitement de bien des choses hormonales, croissance, cycle menstruel, humeurs, etc.); Absence d’hémorragie cérébrale (pas d’accumulation de sang ou d’éclatement de vaisseaux dans le cerveau); Stéatose et congestion hépatique (infiltration de graisse dans le foie, ce qui le congestionne, l’empêche de bien fonctionner, donc le sucre et le gras sont mal digérés et se retrouvent dans le sang, ça suggère fortement qu’elle était diabétique, depuis longtemps); Cholélithiase (calculs, pierre dans la vésicule biliaire, c’est-à-dire qu’il se fait des dépôts durs dans l’appareil qui envoie un acide dans l’estomac pour la digestion, ça peut aussi expliquer ses maux de ventre et ses problèmes de digestion).


Conclusion personnelle

Tout son système cardio-vasculaire et respiratoire était défectueux : son cœur était épuisé de devoir travailler avec des poumons chargés de liquide, un ventricule trop gros et un autre trop étiré, des artères pleines de cholestérol et de sucre parce que le foie et les reins ne faisaient pas leur travail depuis longtemps. Je pense qu’elle n’a jamais soigné correctement au moins trois maladies chroniques importantes : le diabète, la bronchite asthmatique (tournée en emphysème) et les problèmes cardiaques (elle n’en était probablement pas à ses premières crises cardiaques dans sa vie et son cholestérol ne l’aidait pas).
Plus les problèmes s’aggravaient (je pense surtout au liquide qui s’accumulait un peu partout), plus elle souffrait (maux de ventre intenses). Je pense sincèrement qu’il était trop tard pour faire quelque chose. C’est il y a vingt ans qu’elle aurait dû se soigner de façon régulière et assidue en allant voir le médecin tous les 3 mois et en prenant des médicaments qui l’auraient aidé à décrasser son système et l’entretenir comme il faut.
Pour conclure, je dirais que maman est morte " d’empathie maladive " : à force de se préoccuper et de s’occuper des problèmes de tout le monde (l’univers entier aurait pu compter sur elle si elle n’avait pas été aussi démunie financièrement), elle a oublié l’essentiel… prendre soins d’elle-même.
J’espère que cela vous a éclairé un peu plus sur sa mort. Moi, ça m’a confirmé ce que j’ai pensé d’elle toute sa vie : ce n’est pas seulement dans sa poitrine que son cœur était trop gros !

24.10.05

Comme passent les jours

Les feuilles tombent depuis plus d'un mois déjà et je n'ai pas eu le temps de les regarder avant aujourd'hui. Faut dire que j'ai été très occupé ou plutôt... très préoccupé.
Au début du mois, j'ai finis par rencontrer ma soeur. J'ai pu mettre les choses au clair avec elle, exprimer mes sentiments, lui réitérer mon besoin de me protéger face à elle. Je ne suis pas sûr de ce qu'elle a compris mais elle semble respecter mes limites : elle ne m'a pas recontacté par la suite.
J'ai finis par écrire sur l'autopsie de ma mère comme j'avais dis que je le ferais, et j'ai envoyé tout ça par la poste à ma soeur pour qu'elle le communique à mon frère. Je n'avais pas encore le goût de descendre à Montréal pour règler ça.
Nos démarches pour la maison ce sont poursuivient tout au long du mois. J'avais pas signé autant de papier depuis... je ne sais pas ! Évidemment, ma femme s'occupe de tous les appels (assureurs, notaire, banquiers, déménageurs...). Et moi ? Je regarde les feuilles... et je m'occupe des comptes : je veille à ce que tout balance entre nos entrées et nos sorties, nos dettes et notre crédit. Je prends des décisions par rapport à nos différents abonnements, ce qu'on garde et ce qu'on laisse tomber : cellulaire, cable, internet, hébergement, interurbain, etc. Je commence aussi à songer où vont aller les choses que nous avons et je me prépare à remplir nos premières boîtes. J'essaie de ne pas trop me laisser aller à mon obsessivité : faire une liste sur Excel de tous les documents (livres, textes, revues, etc.) que je possède avant de les mettre en boîte.
Je pense aussi à mes réflexions auto-thérapeutiques, celles qui découlent de mes rencontres avec ma psy : Comment la peur du ridicule me bloque encore dans mon cheminement personnel et professionnel. J'aimerais être moi-même de façon plus constante. Je déteste les petits moments de ma vie où j'ai l'impression de dire des phrases toutes faites; ils sont de plus en plus rare mais me mettent souvent dans un état de malaise et de doute qui dure encore trop longtemps. Je pense que cette peur provoque encore l'évitement de certaines situations qui pourraient m'être profitables. Je pense aussi que tout le malaise que je ressens est responsable de la fluctuation de ma motivation et de mon grand besoin de sommeil. Il m'arrive souvent de me dire "à quoi bon faire telle ou telle chose"... et d'être pris quelques minutes plus tard par une terrible envie de dormir.
Malgré tout, je travaille fort. Mes rapports se multiplient : c'est la fin de la première étape et le moment où les parents réalisent que leurs enfants ont des problèmes d'apprentissage ou de comportements.
Pendant ce temps, ma blonde aux yeux pétillants est en train de mettre les dernières touches à sa première réalisation de vitraux (sans aide d'un prof) : une pièce représentant deux masques de théâtre (choisit spécialement pour notre fils). Elle est vraiment belle pour une première oeuvre. L'étincelle est toujours là; elle semble avoir enfin trouvé un médium d'expression qui lui convient et qui enflamme sa créativité... elle commence même à avoir le goût d'écrire (depuis le temps que je lui en parle !).
Mon gars est heureux : on l'a choisis pour faire partie de l'équipe d'impro de son école après qu'on l'ait remarqué dans son cours. Il va aussi participer à un spectacle de Noel qui s'annonce très amusant avec ses parodies de l'actualité de l'année (Bush, Céline Dion, Jean Charest et Doc Mailloux vont y gouter). Et lui et sa troupe continuent de faire des répétitions (pratique, jeu, écriture, préparation, etc.) en vue de leur prochain spectacle, 2 fois par semaine. Je les trouve très courageux.
Comme vous voyez, la vie continue... et les jours passent comme les feuilles trépassent.
Ça me donne le goût de l'hiver...
Ah! comme la neige va tomber !