26.11.06

L'imposteur

Les psychologues s'intéressent vivement depuis quelques années à des personnes qui, ayant réussi, souffrent du « complexe de l'imposteur », c'est-à-dire qu'elles éprouvent une profonde culpabilité à « tromper » le monde en exerçant des fonctions professionnelles pour lesquelles elles jugent ne pas être qualifiées, alors qu'en réalité elles le sont.
Le complexe de l'imposteur est lié à la peur de réussir et empêche les personnes qui en sont victimes de développer pleinement leur potentiel. Inconsciemment convaincues que leur réputation est usurpée, ces dernières fuient toute possibilité qui leur permettrait d'aller encore plus loin.
« Je ne veux pas être le numéro un ; être le numéro deux me convient bien mieux. Je suis paresseux et je ne veux pas avoir à prouver ma valeur année après année. J'aime que mes mérites soient reconnus, mais je refuse toute responsabilité ». Pour cette personne, être « influent » équivaut à être « responsable ».

[petit texte trouvé je ne sais plus où sur le net]

Mon auto-analyse et mes démarches thérapeutiques actuelles tournent autour de ce concept d’imposteur et du schéma de personnalité d’exclusion dont j’ai déjà parlé.

Il me semble que dès ma naissance, j’étais un imposteur : je ne suis pas né la bonne date comme en fait loi celle qui est inscrite sur mon baptistère. Très tôt dans ma vie, il a fallu que je fasse la preuve que j’étais bien un gars en baissant mes culotte (c’est ça quant on porte un nom bisexuel comme le mien) et cela n’a pas empêché le Père Noël de m’apporter une poupée. Après cela, je me suis senti étranger dans ma propre famille parce que j’aimais aller à l’école, j’étais exclus de mes pairs parce que j’aimais mieux lire et dessiner que de me battre ou de jouer au hockey, après ça j’étais le gros, l’étrange, le bizarre qui est trop gêné pour parler. Puis comme adulte, selon les autres, j’étais pas assez bon en art pour être un artiste et pas assez sérieux pour être psy. J’étais trop intelligent ou trop éduqué pour travailler dans un fast-food pendant mes études universitaires. Admirateur de Freud, je me suis retrouvé à étudier en approche behaviorale. Puis je me suis senti un intrus quand j’ai commencer à travailler comme éducateur. Et maintenant j’ai encore des complexe lorsque je travaille avec des enfants ou que j’utilise des tests neuro-psychologique parce que j’ai été formé en clinique pour adulte…

Dit comme ça, d’un seul trait, c’est un peu plus dramatisé que je ne le ressens vraiment. Mais ça vous donne une idée de mes réflexions.

Je me rends compte que ce qu’il y a derrière ça est une peur terrible de l’échec qui me paralyse et m’empêche de me lancer dans les projets qui sont bons pour moi. Solution à cela : me lancer tête première dans ce que j’ai envie de faire et apprendre à mieux accepter les échecs ou à tirer des leçons de mes erreurs. Ça me semble tellement simple…

Pour se faire, j’ai décidé de me débarrasser d’un obstacle à mon épanouissement. Depuis quelques années, j’ai développé une réaction à mes peurs de performance (réussites ou échecs) : je fais des siestes qui n’en finissent plus, comme si en dormant, je m’assurais d’avoir une meilleure réaction à ce qui pourrait arriver. Le problème était rattacher clairement à mon travail; j’étais incapable d’aller travailler sans avoir dormit en moyenne deux heures juste avant d’aller travailler. Quand tu commence le matin, ça va bien, j’ai une nuit de sommeil dans le corps, mais quand tu travaille en après-midi ou le soir, c’est l’enfer : j’ai le temps de m’inquiéter et de fuir dans le sommeil.

J’ai donc pris une résolution il y a deux semaines : je m’empêche de dormir le jour. En fait, je suis un fan de la désensibilisation systématique donc, j’ai le droit à une sieste de une heure ou moins par jour et j’essai de me coucher au plus tard à 11 heure (je me réveille généralement vers 6 heure le matin).

Ça me fait du bien. J’affronte mon travail et ce qu’il génère comme peur plus facilement qu’avant et en bonus, je fais plus de choses que j’aime faire… Finalement, se pourrait-il que je performe mieux par ce que j’ai moins peur de ma contre performance ? Et parce que je commence à accepter le succès comme il est : une reconnaissance de notre talent ou un accomplissement de soi plutôt qu’une exigence de plus à laquelle il faudra constamment répondre par la suite. C’est à suivre…

5.10.06

Nouveau bureau, nouvel emploi

Enfin, je viens de louer pour la première fois un bureau pour exercer ma profession. C'est étrange, tous les troubles anticipés ne se produisent pas (pour l'instant).
Par exemple, je croyais que cela allait être difficile de m'entendre avec mon collègue de Longueuil avec qui l'entente d'origine ne permettait pas que j'exerce à un autre endroit. Mais voilà que non seulement il me le permet, il m'encourage presque. C'est-à-dire que j'ai eu l'impression qu'il me comprenait bien dans mes besoins, autant celui de m'émanciper que celui de ne pas me ruiner financièrement. Donc, je peux travailler à mes deux bureaux, aussi longtemps que cela restera rentable pour nous deux.
De plus j'avoue que je me suis senti flatté quand il m'a assuré qu'il était intéressé que je reste, m'offrant même un nouvel emploi (plus d'heure à faire autre chose que de la thérapie, ce qui ferait changement et serait plus payant finalement), nouvel emploi où il me confierait plus de responsabilité (qu'il n'a pas l'habitude de partager). J'ai senti, et j'en suis fier, qu'il me faisait pleinement confiance. Une partie de mes tâches consisterait à répondre aux nombreux courriels de ses fans télévisuels , autant de chance de me faire de nouveaux clients...
En tous cas, tout cela est stimulant et prometteur!

17.7.06

Carrence

J'ai souvent eut l'impression que ma mère ne devait pas m'avoir donné suffisamment d'affection quand j'étais petit. Je pensais même être un carencé affectif. Mais en même temps, je n'avais quand même pas l'impression de ne pas avoir été aimé. J'ai toujours sentie que ma mère m'aimait, malgré tout.
C'est en relisant le chapitre de « Je réinvente ma vie » traitant du schéma dépendance que j'allume enfin : j'avais de l'affection de ma mère tant que je dépendais d'elle.
Petit, j'étais toujours sous la jupe de ma mère, elle me couvait, me protégeait (des autres enfants qui me ridiculisaient à cause de mon prénom par exemple), avait des paroles rassurantes concernant mes doutes, m'encourageait et me félicitait de mes bons coup (dessins, bulletin, patin – quand je réussissais à me tenir debout), prenait soins de moi (même si elle me lavait le dos comme elle lavait son plancher), comblait tout mes besoins (ceux qu'elle comprenait en tous cas, comme mon goût pour la lecture ; elle m'a acheté plusieurs encyclopédies), mais, elle faisait les choses à ma place.
Résultat : elle ma transmit une peur de vivre dans ce monde, de l'anxiété (surtout sociale), un manque de confiance en moi, une tendance à douter de mes compétences, une peur du changement, une difficulté à assumer mes choix et prendre mes responsabilités. J'ai cheminé très lentement vers l'autonomie parce qu'elle ne me laissait rien faire par moi-même. Elle faisait le ménage, mon ménage de chambre y compris, le lavage, le repassage, la couture, la cuisine... il ne me restait qu'à jouer, manger, dormir et ultime effort (qu'elle ne pouvait pas faire à ma place) étudier !
J'ai pensé être un carencé parce que, évidemment, j'ai commencé à manqué d'affection de ma mère quand j'ai commencé à être un peu plus indépendant et autonome. Vers l'adolescence, à partir du moment où je n'avais plus besoin d'elle, qu'elle ne pouvait plus faire certaine chose à ma place, elle a cessé de communiquer avec moi sur un plan affectif.
Ma mère n'avait qu'un mode de communication : prendre soins. Pour demeurer dans cette relation, je devais rester dépendant d'elle.

30.6.06

Mon refuge

C'est fou comme on peut être bien, quand on se sent enfin chez-soi. Il est 22hr 30, et je peux me permettre de faire du lavage sans déranger personne. Je suis si bien depuis que nous avons récupéré notre sous-sol. J'peux me promener en bobette aussi : la liberté ! Je ne m'empêche plus de partir le lave-vaisselle le matin, je n'essaye même plus d'éviter le bruits que mes chaises de bois font sur la céramique de la cuisine... Je me permet de vivre comme j'en ai envie, j'avais oublié à quel point cela était précieux... pour moi en tout cas.
Je ne suis vraiment pas fais pour vivre avec des colocataires, j'ai toujours été sauvage et aux prises avec un schéma d'exclusion (voir quelque part sur ce blog). J'ai toujours eut besoin de m'isoler des autres quand j'étais enfant et ado -- et adulte, soyons honnête ! -- j'avais des crochet à mes portes de chambre -- oui, j'avais deux portes dans le salon double qui me servait de chambre. Personne ne pouvait envahir mon environnement sans mon consentement et le respect de mes règles. Ma chambre était mon refuge et comme tout bon refuge, j'aurais pu y rester toute ma vie. Mais je n'y restais pas tout le temps, j'y demeurais suffisamment pour me sécuriser, me calmer, me ressourcer, puis je retournais affronter ma plus grande peur : les autres.
C'est ce qui me manquait depuis mon arrivée dans cette nouvelle maison : un refuge, à l'abri des autres. Et je l'ai retrouvé. Bon dieu que ça fait du bien !

11.6.06

Plaisir de la maîtrise

Je suis fier de moi ! Imaginez-vous 300 livres de muscles (mmm...) en train de courir après un petit volant de badminton. Je le fais toutes les fins de semaines depuis plus de 5 mois environ. J'adore le badminton et, depuis toujours, je me suis habitué à la victoire (personne – que je connaissais – n'était de taille – croyez-moi, la taille ça me connaît), jusqu'au jour où un certain M (vaut mieux taire son nom pour l'instant) s'est joint à nous pour nos compétitions amicales – faut le dire vite – hebdomadaires.
Ce fut désastreux ! Pour mon petit orgueil. Pendant un peu plus d'un mois – peut-être même deux, allez soyons honnête – je suis allé de défaites en défaites, promenant mon âme en peine et ma carcasse endolori d'un bout à l'autre du terrain avec un balancement significatif de la tête de gauche à droite indiquant à quel point je n'y comprenais plus rien.
J'ai essayé une ou deux fois de le vaincre en simple face à face – faut le dire vite ça aussi car c'est loin d'être simple – mais ça ne faisait que m'humilier. Je me consolais en faisant des simples avec d'autres membres de ma famille (mon fils ou mon beau-neveu – quoi? C'est vrai qu'il est beau!) mais la victoire avait un goût trop commun (facile et sans saveur). Je me suis aussi contenté de victoire plus ou moins facile en double en me jumelant à l'autre meilleur joueur de la bande (mon fils !) et en jumelant M à un handicap de la bande (je ne nommerai personne...).
Comme vous voyez, tous mes subterfuges n'ont pas donné grand chose, ils ne pouvaient cacher à personne qu'une victoire contre le Prince du badminton ne semblait pas du tout à ma portée. Je m'étais même dis que je réussirai à le planter seulement si je perdais 200 livres et qu'il tombait malade...
Mais malgré tout, je n'ai pas réellement abandonné. J'ai décidé de persévérer quitte à être humilié une couple de fois – j'ai insisté la semaine dernière pour faire un dernier match avec lui à la fin de nos deux heures de jeu, match que j'ai perdu 11 à 0, il me semble.
Et finalement – roulement de tambour – j'y suis arrivé ! J'ai gagné 15 à 8 dans un simple avec M, l'ex-prince du badminton ! Imaginez ma joie... J'ai envie de le crier sur tous les toits, de me promener sur la rue avec des affiches géantes aux slogans révélateurs : “Détrônement du Prince du Badminton! Le Roi du Volant reprend son envol !” On devrait en faire une manchette sportive dans les journaux ou les bulletins télévisés... Mais je vais me contenter d'un message sur mon blog en espérant que la nouvelle se disperse un peu. Si j'ai le temps, ça ira même sur un de mes sites qui vise un plus large public.
Tout ça pour vous dire que la victoire est tellement belle pour celui qui sait persévérer. Il a fallu que je sois patient aussi. Tout au long du match, il faut savoir attendre, ne pas se précipiter sur tout ce qui vol, profiter des erreurs de l'autre, garder son souffle, prendre son temps avant de faire son service, briser le rythme de l'autre sans briser le sien... Il n'y a rien de facile à gagner dans de telles conditions. Et le tout était plaisant. On a fait des échanges plus long que d'habitude – j'avais de la difficulté à toucher au volant ou à rendre ses services il y a une semaine – et des coups remarquables – à deux poils de la ligne ou du filet.
Le plaisir est une drôle de chose. Souvent, on l'associe à un laissé aller caractéristique, comme lorsqu'on rit, qu'on mange ou qu'on jouit, mais il se vit aussi dans le contrôle de soi, la maîtrise de soi, chose qu'on a tendance à oublier.
Le 10 juin 2006 restera gravé dans ma mémoire parce que cette victoire inespérée fut pour moi un véritable orgasme de plaisir et un ode à la maîtrise de soi. Merci M pour m'avoir permis un tel apothéose de bonheur. J'espère pouvoir le renouveler, un jour – quoique j'ai bien l'impression que ce genre d'expérience paroxystique va devenir contagieux dans les semaines qui viennent. Car si d'autres amateurs de la bande jouent le jeu du plaisir de la maîtrise, c'est eux qui savoureront leur victoire comme jamais...
Et je serai heureux d'avoir fait grandir leur plaisir !

9.6.06

Sport d'été


Quelqu'un pourrait-il me dire pourquoi je sue autant en passant ma tondeuse une petite demie heure qu'en jouant au badminton pendant 2 heures ?
Ah! les joies de l'été et de la propriété !

1.6.06

Seul, les premières fois...

Je regarde mon fils vivre ses premières déceptions amoureuses et je ne peux m’empêcher de penser : Ô ! combien, j’aimerais lui éviter tant de peine. Car, je me rappelle les miennes avec la certitude de ne jamais vouloir retourner à cette époque où je tombais systématiquement en amour sans réciprocité…
Pourtant, pour être honnête, il m’arrive de penser à toutes ses expériences avec un brin de nostalgie. Au fond, ne serait-ce pas toutes ces situations difficiles, toutes ces passions non partagées, tous ces refus, toutes ces fois où j’ai – ou je n’ai pas – osé, qui font de moi l’amoureux que je suis ?
C’est probablement grâce à toutes ces fois où je me suis endormi en pleurant, ces fois où j’ai prié dieu pour qu’il mette la bonne sur ma route, ces fois où j’ai juré ne pu me faire prendre et ces fois où j’ai recommencé, que je suis, aujourd’hui, devenu : un amoureux sensible capable de vivre de grands moments de passion dévorante et de partager les doux plaisirs simples de la vie quotidienne ; un homme immensément respectueux et reconnaissant envers les femmes que j’aime ou qui m’aime ; et quelqu’un qui sait, Ô ! combien, une belle relation amoureuse est précieuse.

* * * * *
Tant de fois j'ai tenté
D'aller toucher les étoiles
Que souvent en tombant
Je m'y suis fait mal

Tant de fois j'ai pensé
Avoir franchi les limites
Mais toujours une femme
M'a remis en orbite

Tant de fois j'ai grimpé
Jusqu'au plus haut des cimes
Que je m'suis retrouvé
Seul au fond de l'abîme
Seul au fond de l'abîme

Celui qui n'a jamais été seul
Au moins une fois dans sa vie
Seul au fond de son lit
Seul au bout de la nuit

Celui qui n'a jamais été seul
Au moins une fois dans sa vie
Peut-il seulement aimer
Peut-il aimer jamais

Tant d'amis sont partis
Du jour au lendemain
Que je sais aujourd'hui
Qu'on peut mourir demain

On a beau tout avoir
L'argent, l'amour, la gloire
Il y a toujours un soir
Où l'on se retrouve seul
Seul au point de départ

Celui qui n'a jamais été seul
Au moins une fois dans sa vie
Seul au fond de son lit
Seul au bout de la nuit

Celui qui n'a jamais été seul
Au moins une fois dans sa vie
Peut-il seulement aimer
Peut-il aimer jamais

Tant de fois j'ai été
Jusqu'au bout de mes rêves
Que je continuerai
Jusqu'à ce que j'en crève
Que je continuerai
Que je continuerai

Celui qui n'a jamais été seul
Au moins une fois dans sa vie
Seul au fond de son lit
Seul au bout de la nuit
Peut-il seulement aimer
Jamais, jamais
Je continuerai
Je continuerai
Peut-il jamais aimer...

Seul
Chanteur : Garou
Paroles/Musique : Luc Plamondon / Romano Musumarra
Maison de production : Columbia / Sony Music

19.5.06

Pourquoi j'ai décidé de te mettre à la porte !

Salut,
J'avais besoin de t'exprimer comment je me sens face à la situation que nous vivons. Mon titre ne se termine pas par un " ? " parce que ce n'est pas une question mais plutôt une affirmation. Cette lettre se veut une tentative d'explication de MA DÉCISION et l'expression de MES ÉMOTIONS (je crois que je le fais beaucoup mieux par écrit que verbalement).
Comment je me sens depuis environ 4 mois ? Très très mal. J'ai essayé de te le dire plusieurs fois (la journée de ma fête en février, en te conduisant à tes rencontres en avril et mardi dernier, quelque part entre Marieville et Longueuil).
JE ME SENS terriblement anxieux, nerveux, à bout de nerf, irritable, inquiet, épuisé, la tête pleine de scénarios (tous plus catastrophiques les uns que les autres), j'en deviens même parano... enfin, j'essaye de trouver une solution avant d'être complètement parano ! (Ce n'est pas pour rien que je consulte moi-même depuis 1 an.).
Mais il est trop tard. Au risque de paraître vraiment parano, JE JUGE que la situation a assez durée, et que je ne peux pas attendre qu'elle s'aggrave ou devienne dangereuse pour moi et mes proches.
JE SENS une telle colère en toi, que tu traîne sûrement depuis si longtemps, que je n'ai plus envie d'être à côté de la balloune quand elle va éclater. J'espère que je me trompe et que tu sauras éviter le pire, mais je n'ai pas le goût d'attendre. Je me sens beaucoup mieux pour l'instant quand tu es loin de moi.
C'est un aveu d'impuissance que je fais là ! JE NE PEUX PAS côtoyer quelqu'un qui souffre, qui déprime, qui s'auto-détruit sans chercher à le faire changer. Mais JE NE PEUX PAS jouer au psy avec un de mes proches, encore moins faire les choses à sa place. ET JE NE VEUX PAS continuer à me sentir comme un tortionnaire. Ça suffit! Je ne suis pas un bourreau même si ma première impression en te voyant t'installer chez nous était la vision d'un condamné à mort...
JE NE SUIS PLUS CAPABLE de supporter ta lourdeur et ton négativisme, JE REFUSE de me sentir responsable de TA VIE. JE REFUSE de devenir une Mère Thérèsa comme ma mère ou ta mère pouvait l'être.
JE TE LIBÈRE de ta sentence de devoir vivre chez moi. TU ES LIBRE de mener ta vie comme TU LE VEUX maintenant. En espérant que tu sache t'en sortir. En fait, j'ai toujours eu l'impression que tu aurais suffisamment de ressource interne pour t'en sortir si tu acceptais l'aide que la société peut te donner. Il n'en tient qu'à toi de faire TES CHOIX.
Bonne chance ! En espérant te revoir quand nous irons tous mieux !

18.5.06

Frustré !

Je suis en Tabernacle (Ou plutôt en Tabarnac !!!)...
Ça me fait chier royalement. Désolé de m’exprimer comme ça. Ça fait trop longtemps que je ne dis rien à propos de mon locataire.
Cette fois s’en est trop… C’est la cinquième fois qu’il se saoule et une deuxième fois qu’il se retrouve à l’hôpital. Et encore une fois, c’est pendant un spectacle de mon fils ! Le lendemain de la fois où j'avais réussis à me vider le coeur : je lui avais expliqué comment je ne l'avais pas pris en mars, lors du spectacle de 100 Visages (vous trouverez un jour dans ce blog, daté du 29 mars 2006, ce que j'écrivais à ce propos- là, dans un cahier secret).
Pour aujourd'hui, disons seulement que, encore une fois, c’est comme s’il me disait : « Va chier ! J’me calice ben de vous autres ! Bande de cons ! »
Je ne sais pas ce qu’il a fait encore, à part le fait de se retrouver dans un hôpital. Je ne ressens aucune compassion pour lui, même s’il a peut-être fait une tentative de suicide. Ce matin, je feel pour lui donner une corde après lui avoir reprit les clés de la maison en lui disant d’aller se pendre ailleurs ! Je le sais, c'est fort et je regrette déjà d'avoir écrit cela (et de publier en plus) mais j'avais vraiment besoin de le dire (et que ce soit entendu !).
Je hais l’état dans lequel je me sens. J’ai de la difficulté à me concentrer sur ce que j’ai à faire ou sur une simple conversation (je me suis même énervé avec mon gars et ma femme ce matin), parce que mon cerveau est rempli de scénario sur ce que je vais faire si je le vois, sur ce qui pourrait faire chez nous si nous ne sommes pas là, sur toutes les façons de s’en débarasser y compris la poussée vers le suicide…
J’écris avant que ma tête n’explose.
Je veux juste qu’il disparaisse de ma vie.

20.4.06

Qui sait qui sait ?

Je sais pourquoi ces paroles me font pleurer.
Parce qu'elles expriment si bien comment je me suis toujours senti face à ma mère. Elle jouait si bien la victime, naturellement, inconsciemment peut-être (qui sait?), que j'interprétais le rôle du boureau, de l'abuseur, du tyran... pourtant, j'étais si doux, si docile, si obéissant. J'aurais voulu l'aider, l'aimer, prendre soins d'elle, mais elle ne me laissait pas le faire. Je ne pouvais que profiter de sa bonté, la regarder laver le plancher à quatre pattes sans rien dire, l'entendre ronfler toute la nuit en sachant qu'elle dormait sur le sofa ou par terre alors que je me prélaçais dans mon lit au milieu de mon salon double...
Rationnellement, je sais que je n'ai jamais été (et ne sera probablemnet jamais) un abuseur ou un homme violent, mais je me suis toujours senti comme ça avec ma mère.
Et maintenant qu'elle est morte, je me rends compte que ce sentiment a tendance à être présent dans mes relations avec les autres, avec le travail, avec les tâches ménagères : j'en fais jamais assez et je me sens coupable.
J'espère me débarasser de ce sentiment bientôt.
Qui sait ?

Qui sait ?

Qui sait ? Peut-être, je n'ai pas de tête,
Juste un tout petit trou, par où
Je vois les étoiles de temps à autre.

Qui sait ? Peut-être, je n'ai pas de tête
Mais une toute petite brèche dans un mur,
D'où vient la rumeur des gens.

Qui sait ? Peut-être je n'ai pas de cœur,
Juste un petit moteur sans chaleur
Qui chante sa chanson en mineur.

Qui sait ? Peut-être je n'ai pas de cœur,
Juste un tout petit bruit qui me fait peur la nuit,
Dans le silence, entre les heures.

Si j'avais juste la moitié d'une tête,
J'entendrais tes appels au secours.
Cette moitié me suffirait pour savoir ce qui t'a blessé
Et si j'avais juste la moitié d'un cœur,
Je verrais tes cernes au petit jour.
Cette moitié me suffirait
Pour comprendre le mal que je te fais.

Qui sait ? Peut-être que je n'ai pas d'âme,
Juste une toute petite flamme, l'écho d'une étoile,
Morte depuis des millions d'années.

Qui sait ? Peut-être que je n'ai pas d'âme, non, même pas de flamme,
Juste une ombre, un vide, une petite pièce sombre,
Le creux entre deux lames.

Si j'avais juste la moitié d'une âme,
Je pourrais voler bien plus haut.
Je verrais tes yeux éteints, je saurais faire ce qu'il faut.
Si j'avais juste une poussière d'âme, je n'pourrais jamais tout briser
Mais je ne sais pas t'aimer et je te fais pleurer.

Qui sait ? Peut-être je n'ai pas de tête,
Juste un tout petit trou par où
Je vois les étoiles de temps à autre.

Qui sait, peut-être je n'ai pas de cœur,
Juste un tout petit bruit qui me fait peur la nuit,
Dans le silence, entre les heures.


Paroles: Daniel Lavoie, Th. Séchan.
Musique: Daniel Lavoie

22.3.06

Chambre à louer

Marieville, Montérégie. Grande pièce (14 X 20) dans un sous-sol avec entrée indépendante. Chauffé & éclairé. Téléphone avec sonnerie personnalisée, câble de base, poêle, réfrigérateur, set de cuisine, lavabo, garde-robe, armoire et étagères. Adjacent à la chambre : salle de bain avec douche. À partager avec les proprios : laveuse et sécheuse (dans la salle de bain), bureau avec beaucoup de livres, un ordinateur branché sur Internet (avec un profil personnalisé), coin atelier avec la possibilité de faire du vitrail ou de la pyrogravure.
200$ / mois. Conditions : Ne pas fumer à l'intérieur et respecter le style de vie, les valeurs et la quiétude des autres personnes vivant dans les pièces communes.
*****

Vous avez une telle chambre à louer ou vous avez le goût de louer une telle chambre. Pensez-y bien deux fois avant de le faire ! Car malgré les avantages incontestables et le prix abordable, comme pour n'importe quel engagement, il ne faut pas oublier de lire et de se souvenir des conditions. N.B.: Même s'il ne s'agit pas de petits caractères comme dans la plupart des contrats, certains passent rapidement par-dessus et se rendent compte beaucoup plus tard qu'ils sont incapables de les respecter.

21.3.06

Congé ?

En 4 jours de congé, qu'est-ce que j'ai fais ?
Plusieurs préparations de repas pour ma petite famille, la commande, 2 lessives, 3 lave-vaisselle, changé 4 spots encastrés dans le plafond, trié plus de 200 cassettes audio (oui, j'en écoute encore parfois), trié les Tuperware et libéré une place pour les ranger, placé d'une façon artistique notre belle vaisselle dans les biblios vitrées du salon, rempli le reste des tablettes vides d'albums photos et de jeux de société (que j'avais descendu au sous-sol quelques jours avant !), débouché le lavabo de la salle de bain, réparé une poignée de tiroir du lit de mon gars, monté et descendu une douzaine de boites d'un étage à l'autre, vissé au mur la plaque de la prise du câble, trié mes outils dans les bonnes boîtes ou les bons coffres et placé ceux-ci à la bonne place dans le vestiaire du hall, passé le balais dans les escaliers, joué 2 heures de badminton, regardé une douzaine d'heures de TV, fait un montage vidéo du spectacle de 100 Visages, lu les instructions pour comprendre comment transférer des clips vidéos de mon disque dur du DVDR à un CD de DVD, fait quelques Sudoku extrêmes, lu quelques chapitre du Samouraï virtuel de Neal Stephenson, etc.
Éparpillé que je disais !?!
Pas une fois, j'ai réussi à utiliser l'ordi du sous-sol, sauf le temps de lire quelques courriels. J'écris ceci dans mon petit cahier spiral en espérant le transférer plus tard sur ce blog (à une date que vous ne saurez jamais puisque je l'édite avec la date originale). Pour l'instant, je vais aller faire une petite sieste, la deuxième en quatre jours, une fois que j'aurai terminé de ranger le linge propre.

20.3.06

Éparpillement


Éparpillement… Voilà l’adverbe qui me décrit le mieux en ce moment et depuis le début de l’année. Vendredi dernier par exemple, j’allais d’une chose à l’autre, sans m'arrêter, mais en oubliant certains trucs importants.
Ce matin là, dès 6hr, il ne fallait surtout pas oublier de sortir les poubelles (toutes les poubelles, sur trois étages!), de préparer les lunchs et surtout de faire le café. Après le déjeuner et le départ de mes amours, je devais vite monter à ma chambre pour taper mon rapport sur mon portable. Tant qu’à faire, pourquoi ne pas prendre le temps de remplir mon inscription à l’OPQ (Oui, c’est le temps de payer pour pratiquer!). Et en allant à la toilette, je monte sur le podium du bain pour vérifier comment je peux changer l'ampoule du spot encastré dans le plafond. Je n'y comprend rien à ce moment là (maintenant, j'ai découvert l'astuce).
Vers 11hr, je termine mon rapport et décide qu'il est temps de dîner. Je me prépare un délicieux sauté de tout ce que je peux trouver dans le frigo : poivrons frais coupés, champignons tranchés, saucisses hot-dog décongelées, patates à rissoler, etc. Ça ressemble à une assiette paysanne de chez Mike mais en plus copieux : je suis heureux qu'il en reste pour le lunch de MP du lendemain. Je suis fière de moi.
Fidèle à mes habitudes, je mange devant la télé. Cette fois, je me tape un épisode de la nouvelle série de Z : Battlestar Galactica! Je suis si relaxé qu'après ça, je pet le feu. Vers 12hr30, je cours au sous-sol pour transférer mon rapport sur l'ordinateur principal. C'est sur celui-ci que je corrige l'orthographe, fait la mise en page et l'envoie par courriel à mon bureau. J'en profite pour lire et répondre à mes courriels.
À 13hr30, je dois remonter prendre ma douche, m'habiller, me préparer et partir, car je dois être au domicile d'une cliente à 14hr30. À 16hr, après ma rencontre à Chambly, j'évalue que j'ai le temps d'aller chercher mon gars chez son ami pour le ramener à la maison, à Marieville, avant de retrouver MP et ses amis chez Kelsey's des Promenades St-Bruno.
Mon gars est content parce qu'il va pouvoir passer du temps avec ses amis. À ce propos il en profite pour me faire une demande : accompagner une amie et son chum au bowling. Je dois prendre la décision tout seul sans consulter MP. C'est difficile des fois de jouer son rôle de père, mais je pense que j'y suis arrivé ce soir-là. Finalement, tout le monde a passé une belle soirée.
C'est le lendemain que les conséquences de mon éparpillement m'ont frappé de plein fouet. Alors que je m'aprète à faire ma routine du matin (table, café, lunch...), je remarque mon Wok sur le poêle, rempli de mon bon repas de la veille. Les larmes me montent aux yeux. J'étais si fière de ce que j'avais préparé pour ma douce... c'était foutu maintenant! Mais pourquoi pleurer ?
Voilà que je repense à ma mère. Je me sens tellement coupable de jeter de la nourriture. Enfant, nous avions rien à jeter. Il fallait penser au biaffrat qui n'avait rien à se mettre sur la dent, eux. Et ma mère qui se privait pour nous. Sacrilège!
Voilà comment tout se mêle de façon éparse, entre le passé et le présent, les actions et les réflexions. Je vais devoir venir vous raconté la suite... à mon prochain éparpillement.

Éventuellement

Je ne sais pas comment je me sens. Bien ou mal ? ou entre les deux ? Je devrais faire éventuellement une liste en deux colonnes, avec des "J'aime!" et "J'aime pas!"... mais pas maintenant.
Éventuellement... voilà le mot qui décrit le mieux mon état. Je vais éventuellement faire telle ou telle chose, je vais éventuellement savoir ce que je veux vraiment, je vais éventuellement être totalement heureux.
Totalement... un autre adverbe qui me semble important parce que j'aimerais éventuellement être totalement moi-même.
J'ai trouvé ma dernière année difficile et le début de celle-ci est plutôt mouvementé. Que pourrais-je vous raconter ? Par quoi commencer ?

En décembre, M-P et moi avons appris la mort de sa mère au beau milieu de la salle d'attente de notre dentiste... ça nous a pris trois mois pour reprendre un rendez-vous. J'ai vu le corps a l'hopital et ça m'a fait un choc. La bouche entrouverte, avec le bout de langue qui dépassait, j'en ai des frissons quand j'y pense. Et c'est plus fort que moi, j'y pense par moment quand je déprime un peu... comme pour m'aider à déprimer davantage. Et à chaque fois, c'est a peu près pareil, je revois ma mère dans son cerceuil. C'est quand même une plus belle image, arrangée par le "gars des vues" du salon. Et je peux pleurer. Pas tous les jours, même pas à toutes les semaines.
Je m'ennuie d'elles, de leur sourire, de leur folie, de leur drolerie et maladresse, de leur ouverture à participer à tous mes quiz, malgré leur difficulté à comprendre, à voir, à entendre ou à rester éveillée... et de leur ronflement à des moments innatendus, à la fin des party, devant la télé ou au beau milieu d'une discussion.
Ça ne dure jamais longtemps. Ces doux instants de nostalgie se perdent dans le tourbillon de ma vie de tous les jours, mais ils reviennent toujours... éventuellement.

1.1.06

Adieu maternel

Mon grand Arthur,
Lorsque tu liras cette lettre, je sais que quelque part au fond de toi, tu seras très en colère contre moi de t'avoir joué ce sale tour. Mon Arthur, ceci est ma dernière lettre et c'est aussi mon testament d'amour.
Mon âme s'envole portée par tout le bonheur que tu m'as donné. La vie est merveilleuse, Arthur, c'est lorsqu 'elle se retire sur la pointe des pieds que l'on s'en aperçoit, mais la vie se goûte à l'appétit de tous les jours.
À certains moments, elle nous fait douter de tout, ne baisse jamais les bras, mon cœur. Depuis le jour où tu es né, j'ai vu cette lumière dans tes yeux, qui fait de toi un petit garçon si différent des autres. Je t'ai vu tomber et te relever en serrant les dents, là où tout enfant aurait pleuré. Ce courage, c'est ta force mais aussi ta faiblesse. Prends garde à cela, les émotions sont faites pour être partagées, la force et le courage sont comme deux bâtons qui peuvent se retourner contre celui qui les utilise mal. Les hommes aussi ont le droit de pleurer, Arthur, les hommes aussi connaissent le chagrin.
A partir de maintenant, je ne serai plus là pour répondre à tes questions d'enfant, c'est parce que le moment est venu pour toi de devenir un petit homme.
Dans ce long périple qui t'attend ne perds jamais de ton âme d'enfant, n'oublie jamais tes rêves, ils seront le moteur de ton existence, ils formeront le goût et l'odeur de tes matins. Bientôt tu connaîtras une autre forme d'amour que celui que tu me portes, ce jour venu, partage-le avec celle qui t'aimera; les rêves vécus à deux forment les souvenirs les plus beaux. La solitude est un jardin où l'âme se dessèche, les fleurs qui y poussent n'ont pas de parfum.
L’amour a un goût merveilleux, souviens-toi qu'il faut donner pour recevoir ; souviens-toi qu'il faut être soi-même pour pouvoir aimer. Mon grand, fîe-toi à ton instinct, sois fidèle à ta conscience et à tes émotions, vis ta vie, tu n'en as qu'une. Tu es désormais responsable de toi-même et de ceux que tu aimeras. Sois digne, aime, ne perds pas ce regard qui nous unissait tant lorsque nous partagions l’aube. Souviens-toi des heures que nous avons passées à tailler les rosiers ensemble, à scruter la lune, à apprendre le parfum des fleurs, à écouter les bruits de la maison pour les comprendre.. Ce sont là des choses bien simples, parfois désuètes, mais ne laisse pas les gens aigris, ou blasés dénaturer ces instants magiques pour celui qui sait les vivre. Ces moments-là portent un nom, Arthur, " l'émerveillement ", et il ne tient qu'à toi que ta vie soit un émerveillement. C'est la plus grande saveur de ce long voyage qui t'attend.
Mon petit homme, je te laisse, accroche-toi à cette terre qui est si belle. Je t'aime mon grand, tu as été ma raison de vivre, je sais aussi combien tu m'aimes, je pars l'esprit tranquille, je suis fière de toi.
Ta maman

[Marc Levy]
Extrait de: Et si c'était vrai...