7.12.05

Mauvaise journée ? Rrrrrr...

Y a des fins de journée comme celle là où on voudrait être ailleurs. J'ai jeté un cou d'oeil au ciel en sortant de l'auto et je me suis dit que l'univers, avec sa voute toute célestre, était bien beau mais que j'aimerais le regarder d'ailleurs. Il me semble que le ciel doit être merveilleux en Alaska ou dans le Grand Nord. Que ça doit faire du bien de n'entendre que le vent souffler et de ne sentir que la poudrerie me pincer le visage... Tiens, c'est bizarre, toute la journée, j'ai chialé qu'il faisait trop froid et là je rêve d'un tour de Boréal Express.
Je suis déçu, triste même, parce que j'ai perdu une collègue aujourd'hui. En fait, elle n'est plus là depuis près d'une semaine mais là j'ai compris qu'on l'avait mis à la porte sous prétexte d'un manque d'honnêteté vis à vis le grand boss. On ne m'a pas dit si la faute commise se situait au niveau du vol de crayon, des photocopies non autorisées ou du perçage de coffre fort. Mais je m'en fous, j'ai juste perdu quelqu'un que j'aimais bien taquiner et qui contribuait à combler mon sentiment d’appartenance en me donnant l’impression de former une belle équipe. Ça fait que ma bulle est " pétée " : Nous ne sommes pas une équipe, nous sommes un groupe d'individus travaillant chacun pour soi, avec des valeurs et des intérêts probablement trop différents pour former une véritable équipe.
C'est drôle, mon boss m'a expliqué le départ de ma collègue suite à une discussion banale sur mes projets de déménagement dans laquelle j'ai avoué que nous allions un peu "tricher" avec les commissions scolaires pour que notre fils ne soit pas obligé de changer d'école. J'ai senti que j'étais tout à coup un "malfrat" (pour être honnête, j'ai probablement simplement senti que je n'avais pas son approbation et que j’avais de la difficulté à l’accepter aujourd'hui, étant maladivement en besoin d'approbation depuis l’âge de trois ans, surtout celle venant des hommes adultes plus âgés que moi qui occupe la peu enviable place de figure paternelle de remplacement chaque fois que la relation se poursuit sur une longue période ou qu'il exerce une certaine forme d'autorité sur moi qu'elle soit réelle ou imaginée... si vous avez réussit à me suivre jusqu’ici, c'est que vous êtes pas mal bon, fou ou psychologue, ou encore que vous avez eut une meilleure journée que la mienne).
Comble du bonheur, un client s'est pointé en retard et a retourné sa frustration (celle d’avoir perdu du temps qu’il doit tout de même payer, en partie à moi, en partie au boss) contre moi en me demandant maladroitement de justifier pourquoi je ne faisais pas d'effort pour m'aigrir, tout ça pour que je lui donne une réponse attendue, genre, comme, "parce que je suis écoeuré de devoir plaire à tous les bons pensant de cette terre", médecins, spécialistes, politiciens ou vendeurs de médicaments qui ne verront probablement jamais la vie avec mes yeux mais qui seront toujours convaincus de l'importance de traiter cette grosse maladie grave et responsable de tous les maux connus sur cette terre, l’obscène obésité (c'est ce que j'entends quand on parle d'obésité morbide). A quand la chasse aux gros pour faire diminuer le coût de la santé au Québec ?
J’te jure y a des soirs où j'aimerais mieux être un ours polaire... j'me régalerais bien d'une "couple" de truites anorexiques qui m'auraient traité de gros, une fois de trop!

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